À Rouyn-Noranda, la pollution de l’air est un sujet délicat. Pour répondre aux préoccupations citoyennes, Patrick Hayes et son équipe ont installé une série d’échantillonneurs de pointe autour de la fonderie Horne, qui collabore activement au projet. Leur mission: mesurer avec précision la concentration de particules et leurs composants dans l’air ambiant, dont l’arsenic, le plomb et le cadmium.
Financé par le Fonds de recherche du Québec, le projet mobilise une équipe de recherche composée de cinq personnes, soit l’étudiante de maîtrise Marie-Pier Reid et les chercheurs postdoctoraux Aaron Goodman et Emmet Norris, ainsi que les professeurs James King, du Département de géographie de l’UdeM, et Kevin Wilkinson, du Département de chimie.
Sur place, trois types d’instruments ont été utilisés: l’échantillonneur Coriolis, un appareil portatif qui permet de mesurer les variations de concentration à différents points autour de la fonderie; le MOUDI, installé directement sur le terrain de la fonderie, qui capte les particules ultrafines (PM0,1); et, enfin, des capteurs autonomes qui prennent des mesures de façon continue pour étudier l’évolution des émissions sur le long terme.
L’échantillonneur Coriolis est une nouvelle méthode d’échantillonnage: l’air est aspiré dans un réservoir rempli d’eau qui piège les particules métalliques. «Cette technique nous permet d’analyser rapidement les concentrations de métaux et d’autres éléments et de cartographier les variations spatiales et temporelles des métaux aéroportés», explique Patrick Hayes.
Grâce à ce système, environ 500 échantillons ont déjà été recueillis sur le terrain de la fonderie et dans les quartiers autour et feront l’objet d’analyses dans les mois à venir.