Une nouvelle étude témoigne qu’au cours des deux premières années de la pandémie de COVID-19 au Québec, au fil de sept vagues épidémiques, le SRAS-CoV-2 tendait à infecter d’abord les jeunes adultes avant le reste de la population.
Cela en fait un groupe démographique clé à surveiller alors que les responsables de la santé publique tentent de voir venir les nouvelles vagues de ce virus et d’autres, affirme l’équipe de recherche de l’Université de Montréal à l’origine de l’étude.
«Nos résultats indiquent que les jeunes adultes pourraient servir d’indicateur précoce d’une transmission communautaire émergente, constate Kate Zinszer, épidémiologiste et professeure agrégée à l’École de santé publique de l’UdeM (ESPUM). Le suivi des tendances à l’intérieur de cette tranche d’âge pourrait aider les autorités de santé publique à reconnaître plus tôt les nouvelles vagues et à réagir plus rapidement afin de limiter la propagation du virus.»
Tout au long de la pandémie, les cas de COVID-19 se manifestaient généralement au sein de foyers précis: ethniques, géographiques ou socioéconomiques. Les représentants de la santé peinaient toutefois à déterminer comment ces foyers apparaissaient et ce que les personnes touchées avaient en commun.
À partir des données de surveillance de la COVID-19 au Québec, recueillies entre février 2020 et août 2022 et couvrant sept vagues de la crise, la professeure Zinszer et ses collègues ont ciblé des caractéristiques associées au risque de figurer parmi les premiers cas d’un foyer.
Leurs résultats montrent que les jeunes adultes présentaient d’une manière constante un risque plus élevé d’être les premiers cas de grands foyers communautaires, ce qui laisse supposer qu’un suivi plus étroit de l’incidence de la COVID-19 dans ce groupe d’âge pourrait s’avérer crucial pour la détection précoce de foyers émergents ou de nouvelles vagues.
«Dans l’ensemble, notre étude apporte des informations précieuses aux autorités de santé publique en aidant à désigner les groupes prioritaires en première ligne de l’émergence des foyers et en soutenant la mise en place d’interventions sur mesure et adaptatives», écrivent les coauteurs de l’étude, parmi lesquels figurent Kate Zinszer et ses collègues de l’ESPUM Adrien Saucier (premier auteur) et Katia Charland, ainsi qu’Élise Fortin et Christine Lacroix, de l’Institut national de santé publique du Québec.
Les résultats de l’étude ont récemment été publiés dans la revue Spatial and Spatio-temporal Epidemiology.