Une école d’été sur la pandémie est montée en une semaine!

  • Forum
  • Le 15 mai 2020

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le séminaire, qui sera crédité comme un cours de deuxième cycle pour ceux et celles qui le souhaitent, est essentiellement interdisciplinaire.

Le séminaire, qui sera crédité comme un cours de deuxième cycle pour ceux et celles qui le souhaitent, est essentiellement interdisciplinaire.

Crédit : Getty

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Une école d’été sur les effets de la pandémie de COVID-19 se tient en mai et juin à l’Université de Montréal.

Le mardi 19 mai débute l’école d’été Politique et pandémie, qui réunit à l’Université de Montréal des experts sur les différents aspects de la crise que nous vivons. «Nous utilisons les outils des sciences sociales, et plus particulièrement de la science politique, afin de mieux comprendre les causes, les dynamiques actuelles et les conséquences probables de la pandémie de COVID-19 sur la politique nationale et la politique mondiale», indique le titulaire du cours, Frédéric Mérand, professeur au Département de science politique et directeur scientifique du Centre d’études et de recherches internationales de l’UdeM.

Lorsque la directrice du Département de science politique, Christine Rothmayr Allison, a lancé l’idée d’un séminaire sur la question, en avril dernier, la réaction du corps professoral a été immédiate. «En une semaine, nous avons monté le plan de cours», résume M. Mérand. Tous les intervenants ont accepté d’y contribuer bénévolement. Pas moins de 50 personnes se sont inscrites à cette école d’été, dont les trois quarts sont des étudiants et étudiantes qui verront leurs travaux évalués et leurs crédits reconnus dans leur parcours de formation.

Le séminaire, qui sera crédité comme un cours de deuxième cycle pour ceux et celles qui le souhaitent, est essentiellement interdisciplinaire. L’histoire, l’anthropologie, la santé publique, la philosophie, les politiques publiques, la politique comparée et les relations internationales seront abordées par une vingtaine de professeurs et professeures de l’Université de Montréal et de l’UQAM et par un invité de l’Université d’Uppsala, en Suède. Chaque séance commencera par une conférence et sera suivie par un échange avec les étudiants et auditeurs. Il y aura deux présentations par semaine jusqu’au 18 juin. Le tout est donné en vidéoconférence, évidemment.

«Nous traversons actuellement la crise la plus bouleversante de notre vie ‒ c’est le cas pour moi, en tout cas ‒ et nous devons saisir l’occasion d’y réfléchir ensemble», mentionne M. Mérand. Il explique que les universitaires, habitués à prendre un moment de recul avant de se prononcer sur des faits d’actualité, ont été pris ici à contrepied. «Nous sommes en plein tumulte, mais il y a quelque chose d’excitant dans le fait de croiser nos analyses à chaud. La prise de risque est à la hauteur de l’enjeu.»

Le contenu des séances est tourné vers l’international, mais on y trouve une importante composante québécoise. Par exemple, la présentation du 28 mai sera consacrée à une comparaison entre le Québec et la Suède, qui ont réagi de manière très différente à l’approche de la maladie contagieuse. Le politologue PerOla Öberg, de l’Université d’Uppsala, accompagnera pour l’occasion les deux conférenciers de l’UdeM, Éric Montpetit (science politique) et Jacques Bélair (mathématiques). D’autres séances porteront sur la situation dans le «Sud global» (Marie-Joëlle Zahar et Maïka Sondarjée) et sur Haïti (Pierre Minn). L’ex-politicien Thomas Mulcair, professeur invité à l’UdeM, donnera une conférence sur le «point de vue d’un praticien» face à la gestion de crise.