Dans la cuisine de Pascale Navarro

En 5 secondes

La journaliste Pascale Navarro (études françaises 1993) parle de son autobiographie, «La menthe et le cumin».

Pascale Navarro

La journaliste Pascale Navarro (études françaises 1993) est née en France de parents marocains qui ont immigré au Québec alors qu’elle avait six ans. Dans La menthe et le cumin, elle livre une autobiographie atypique où convergent traditions et cultures, odeurs et saveurs.

Que signifie ce titre intrigant, «La menthe et le cumin»?

Ceux qui me connaissent savent que je suis une inconditionnelle des rencontres de famille qui, comme on sait, se passent en bonne partie autour de la cuisine – je souffre, oui, de l’isolement créé par la pandémie. Or, la cuisine est l’endroit où les odeurs familiales naissent.

Il y a dans les odeurs et les saveurs des repas de famille d’innombrables témoignages culturels. Mon père, décédé en 2013, adorait le cumin. Ce n’est pas un hasard, car mes parents sont d’origine pied-noire, ainsi qu’on surnomme les Maghrébins francophones. Mais leurs racines à eux sont espagnoles et italiennes. D’où cette profusion d’influences culinaires qui exhalaient des fourneaux. Chez nous, il y avait des gourganes à l’ail, au citron et au cumin, du gâteau à deux œufs, du taboulé à la menthe.

A-t-il été difficile d’écrire ce livre?

Au contraire, ça a été un exercice jubilatoire, exaltant. J’ai écrit plusieurs essais sur l’égalité sexuelle, sur la place des femmes en politique. Mais à la base, j’ai été formée en études littéraires à l’Université de Montréal et à l’Université McGill, où j’ai déposé un mémoire de maîtrise en langue et littérature françaises. Le fait de m’accorder du temps pour un projet littéraire m’a procuré un réel plaisir. J’ai commencé par rédiger de courts textes que j’ai rassemblés pour les proposer à mon éditrice chez Leméac, Marie-Claude Fortin. Nous avons retravaillé le tout pour en faire un récit personnel qui parle d’immigration, d’intégration, de valeurs et de… cuisine.

Pour qui l’avez-vous écrit?

Pour moi. Pour revisiter des lieux de mon enfance. Pour réunir ma famille dispersée autour d’une grande table symbolique. Mais aussi, bien sûr, pour tous ceux qui reconnaîtront des éléments de leur parcours. Je ne pense pas aux seuls immigrants. C’est drôle, car depuis que le livre est paru, je reçois des témoignages de gens – pas nécessairement des immigrants – qui me parlent des odeurs de la cuisine de leur grand-mère: tourtières au four, ragoûts qui mijotent. Comme si nous avions tous des souvenirs liés aux effluves.

En savoir plus

La menthe et le cumin, Pascale Navarro, Leméac, 2020

Pour voir la liste complète des livres publiés par des diplômés, vous pouvez désormais consulter le reseau.umontreal.ca/entreguillemets.