Comment l’activité physique agit-elle sur la santé mentale?
À l’occasion d’une conférence qu’elle a prononcée en septembre aux Belles Heures de l’Université de Montréal, Isabelle Doré a traité de l’efficacité de l’activité physique sur la santé mentale et des mécanismes qui la sous-tend.
«Différentes revues d’études ont montré que des interventions relatives à l’activité physique peuvent contribuer à réduire les symptômes dépressifs», souligne la professeure adjointe à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’UdeM.
Selon ces études, trois mécanismes expliquent le lien entre l’activité physique et une meilleure santé mentale.
D’abord, sur le plan biologique, bouger «favorise une activité optimale des neurotransmetteurs, dont la sécrétion de cortisol et d’endorphine, qui diminuent la douleur et le stress», précise Mme Doré.
Sur le plan psychologique, l’activité physique chasse les pensées négatives. «La concentration que requiert l’activité physique ouvre la porte à de nouvelles possibilités ou solutions et réduit le stress, en plus de renforcer le sentiment de compétence et de contrôle de soi, qui est réputé pour améliorer la santé mentale et atténuer les symptômes dépressifs», poursuit celle qui est aussi professeure au Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’UdeM.
Elle insiste sur le fait que, si l’on se fixe un objectif et qu’on ne le réalise qu’en partie, les bienfaits psychologiques sont tout de même au rendez-vous.
Enfin, les interactions qui découlent des sports de groupe ou d’équipe permettent d’élargir et de diversifier son réseau de soutien social en situation de besoin.
«Les liens que l’on crée dans des groupes sportifs, qu’ils soient organisés ou non, stimulent aussi le sentiment d’appartenance, ajoute Isabelle Doré. Savoir qu’on fait partie d’un groupe ou d’un club où des gens ont des champs d’intérêt communs est source de cohésion sociale, qui est l’un des plus grands déterminants de la santé mentale.»