«J’ai fait mes études de premier cycle en médecine à l’Université de Montréal de 1973 à 1978 et, à l’époque, la vaste majorité des manuels de cours et des références étaient en anglais, se remémore le Dr Quérin. Mais pendant mon stage à Paris, les conférences et les cours m’ont paru plus clairs que jamais: j’ai eu une épiphanie, comme si la justesse des mots, la précision des termes et, par conséquent, la valeur didactique des exposés m'étaient révélées!»
À son retour de Paris en 1984, le néphrologue entame sa carrière, puis devient aussi professeur à l’UdeM. En 1993, tandis qu’il est responsable du cours sur les reins et l’urologie donné aux étudiants de première et de deuxième année de médecine, l’idée de créer un glossaire en français lui vient à l’esprit.
«Au départ, je voulais offrir aux étudiantes et aux étudiants une sorte de minidictionnaire pour leur éviter de devoir chercher dans le gros et je me suis pris à mon propre jeu: j’ai rédigé un glossaire commenté avec des mises en garde sur l’utilisation des anglicismes et des erreurs de sens qui peuvent en découler», indique-t-il.
En plus d’exercer sa profession, il consacre alors de nombreuses soirées et fins de semaine à concevoir ce qui deviendra le Dictionnaire des difficultés du français médical, publié la première fois en 1998 et réédité trois fois. Et en 2019, il codirige un autre ouvrage phare, soit L’essentiel sur la néphrologie et l’urologie, rédigé avec une vingtaine de collaboratrices et collaborateurs.
«C’est devenu une passion de chercher à valoriser la langue française dans les autres domaines de la médecine clinique, à les décrire dans un langage clair, loin de l’argot des laboratoires, ajoute le spécialiste. Depuis, je me tiens à jour en écrivant des articles, en prononçant des conférences et, au fil des ans, la recherche terminologique est devenue ma principale activité.»