Un retard non sans danger
Selon le chercheur, qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en cybersécurité, cette difficulté à s’adapter assez rapidement aux changements technologiques soulève plusieurs enjeux.
«La conséquence majeure de ce retard est une diminution de la confiance de la population à l’égard du travail policier. Une police déconnectée des transformations sociétales devient moins légitime aux yeux de la population, puisqu’elle semble moins efficace pour régler certains problèmes de délinquance, de cybercriminalité notamment. Les citoyens peuvent alors remettre en doute sa capacité à les protéger adéquatement.»
Le professeur rappelle d’ailleurs que, dans une société démocratique, c’est la légitimité de la police qui lui permet de faire son travail, car elle incarne le bien commun.
Benoît Dupont ajoute que, lorsque cette confiance s’effrite, les entreprises font davantage appel à des services privés pour régler des problèmes individuels de cybercriminalité. Ou encore les individus s’improvisent justiciers en ligne. «Des perspectives qui n’aident pas l’ensemble de la société, mais qui fragmentent plutôt la réponse de la police et complexifient la coordination d’actions globales.»