«Plusieurs études ont montré que le risque d’avoir un cancer d’origine professionnelle est plus élevé lorsque la première exposition à un cancérigène se produit tôt dans la carrière. Il est donc important de sensibiliser les jeunes à cette réalité, surtout celles et ceux qui se préparent à occuper des emplois peu qualifiés, essentiellement manuels, dont les tâches les exposent à des produits potentiellement toxiques», estime Marie Laberge, professeure agrégée à l’École de réadaptation de l’Université de Montréal.
Déjà à la création du programme gouvernemental, en 2007, l’ergonome et ergothérapeute s’était inquiétée de la santé et de la sécurité de cette main-d’œuvre marginalisée présentant des incapacités motrices, intellectuelles ou affectives ou encore issue de l’immigration. «Je me suis demandé si l’on ne l’envoyait pas dans la gueule du loup», illustre celle qui a mené depuis plusieurs études sur le processus d’insertion professionnelle et la prévention des lésions professionnelles auprès des élèves du PFAE.
Aussi, lorsque le concours Initiative SCC/IC-IRSC en prévention primaire du cancer a été lancé dans le but d’encourager les communautés scientifiques et utilisatrices de connaissances à «passer à l’action afin de tester des interventions audacieuses et novatrices qui pourraient prévenir le cancer», elle s’est tout de suite sentie concernée. «La description du concours est collée à mes préoccupations: prévenir tôt la maladie dans le parcours des sous-populations vulnérables en adoptant la bonne approche au bon moment», dit-elle. Elle ajoute: «Tout le monde a le droit de travailler dans un milieu sain et sécuritaire. La meilleure façon de prévenir les lésions professionnelles, c’est de réduire les risques à la source.»