Une technique pour lire le passé
Pour arriver à cette découverte, l’équipe de recherche internationale a utilisé une méthode et des instruments très sophistiqués.
Il faut savoir que, une fois dans l’atmosphère, les poussières restent en suspension jusqu’à ce que les conditions physiques et chimiques favorisent leur dépôt. Les poussières déposées sont alors «archivées» dans la glace, les fonds marins ou les tourbières.
D’abord, James King et son étudiante de maîtrise en géographie Amélie Chaput ont collecté des échantillons de sédiments dans quatre zones de la côte namibienne. Parallèlement, leurs collègues se sont rendus en Antarctique pour échantillonner des carottes de glace.
Ensuite, l’équipe a réalisé une caractérisation géochimique et isotopique des sédiments prélevés sur les deux continents. En somme, elle a analysé l’ensemble des éléments chimiques présents dans les poussières et leurs propriétés chimiques pour comparer les deux régions.
«Nous n’avons donc pas recueilli la poussière à proprement parler en Antarctique, mais nous avons plutôt obtenu l’empreinte isotopique de la poussière africaine, précise James King. Cette analyse a permis de démontrer que la Namibie a un rôle beaucoup plus grand que ce qui était supposé, qu’elle serait la deuxième ou la troisième source de poussières en importance dans l’hémisphère Sud, après l’Amérique du Sud.»