Une question de perception
L’étude de Maxime Coulombe apporte une lumière sociologique sur la façon de percevoir le vote. Ses données laissent supposer que la décision de participer aux scrutins ne serait pas essentiellement individuelle, mais plutôt modulée par l'environnement immédiat.
Il trouve aussi que les normes descriptives (ce que les autres font) ont plus de poids que les normes injonctives (ce que les autres pensent qu’il faut faire). Il ajoute que «ce n’est pas la norme en soi qui nous influence, mais plutôt la perception de la norme» qui crée une pression sociale à se conformer.
«Par exemple, si je pense que seulement deux membres de ma famille sur huit iront voter parce que je crois qu’ils ne sont pas politisés, peut-être aurai-je moins tendance à voter moi-même. Toutefois, dans les faits, il est possible que je me trompe et qu’ils soient plutôt sept sur huit à voter. Ce sont donc mes perceptions – ici erronées – et non la réalité qui orientent mon choix», illustre-t-il.
Sachant cela, Maxime Coulombe estime qu’il serait possible d’utiliser la pression descriptive pour inciter les populations à s’acquitter de leur devoir civique. «Il s’agirait de mettre de l’avant certaines statistiques qui montrent que c’est la norme de voter et surtout ne pas souligner que peu de personnes se rendent aux urnes», avance-t-il.