Comprendre le bruit et ses effets
Les pertes auditives attribuables à l’âge touchent surtout les hautes fréquences, donc les sons aigus et sifflants comme les s, f, i et u de la voix humaine. Le bruit en général est plutôt composé de basses fréquences, des sons plus graves, ce que les aînés continuent d’entendre. Or, dans un environnement bruyant, les informations de basses fréquences dans la parole deviennent masquées par le bruit. Il devient donc plus difficile de les distinguer.
«Ne plus bien entendre les sons aigus, c’est comme lire un journal où il manquerait plusieurs lettres. On continue à comprendre le message général, mais on échappe certaines parties. Si l’on enterre de plus les sons graves avec du bruit, c’est comme si l’on portait des lunettes aux verres très foncés. Il devient alors très ardu de comprendre quoi que ce soit», explique Tony Leroux.
Dans de telles conditions, les personnes âgées doivent donc déployer de grands efforts pour saisir les conversations. Elles finissent par arrêter de communiquer, épuisées de faire répéter et de tenter de discerner les mots.
«La surdité – ou les environnements non favorables aux gens ayant une perte auditive – mène à une réduction des contacts sociaux, qu’on sait très importants pour maintenir une bonne santé cognitive. Il existe effectivement une corrélation assez forte entre troubles auditifs et troubles neurocognitifs, avec l’isolement comme variable intermédiaire», souligne le chercheur, qui étudie les effets du bruit industriel et environnemental sur la santé.