Un cours populaire qui a orienté des carrières
Son fameux cours Introduction à la sociologie générale aura orienté la carrière de nombreuses personnes.
C’est notamment le cas de Céline Saint-Pierre, qui a amorcé ses études au Département de sociologie de l’UdeM en 1960.
«Ce cours était extraordinaire dans son contenu et par sa pédagogie stimulante, se remémore-t-elle. M. Rocher savait nous transmettre sa passion de la sociologie tout en présentant beaucoup d’informations sur les différents courants de cette discipline. Il avait une grande capacité de communication et faisait preuve d’une clarté d’expression exemplaire: c’est le meilleur cours que j’ai eu.»
Et des cours, Céline Saint-Pierre en a suivi plusieurs durant ses trois années d’études. Après avoir terminé sa maîtrise en sociologie à l’UdeM, elle a entamé en 1963 un doctorat à l’École pratique des hautes études à Paris, sous la direction du réputé sociologue Alain Touraine.
Deux ans plus tard, Guy Rocher la contacte et lui demande de revenir à Montréal. Il lui propose un poste de chargée d’enseignement et d’être son assistante dans son cours d’introduction. Elle accepte ce mandat de trois ans, à la condition de pouvoir retourner en France pour finir son doctorat par la suite.
«Lorsque j’ai eu Guy Rocher comme professeur, nous étions environ 75 étudiants dans son cours, mais en 1965, les inscriptions explosent et plus de 150 à 200 personnes par session vont suivre le cours. C’était tout un défi pour moi de me retrouver en face d’un grand auditoire», illustre Céline Saint-Pierre, qui à l’époque n’avait que 24 ans!
«Les étudiants de toutes les disciplines de la Faculté des sciences sociales [aujourd’hui la Faculté des arts et des sciences] devaient suivre ce cours et tous exprimeront leur grande appréciation du cours et du professeur Rocher. En 1965-1966, il était d’autant plus connu qu’il était membre de la commission Parent sur l’éducation, poursuit-elle. Il donnait un cours magistral et je me chargeais des travaux pratiques, des séminaires et parfois des grands exposés.»
Comme prévu, Céline Saint-Pierre retourne à Paris en 1968 pour terminer ses études doctorales. Mais la même année, le gouvernement québécois crée l’Université du Québec à Montréal, qui recrute des professeurs pour la session d’automne 1969. Elle rompt son contrat avec l’UdeM et obtient un poste de professeure de sociologie. En 1992, elle devient vice-rectrice pour un mandat de cinq ans et suivra les traces de celui qu’elle considère comme son mentor en acceptant de présider le Conseil supérieur de l’éducation, de 1997 à 2002.
«Guy Rocher a été mon modèle et mon inspiration dans ma trajectoire de professeure, conclut-elle, c’est lui qui a définitivement orienté mon choix de mener une carrière universitaire pouvant intégrer le service public.»