Judo immunitaire
Depuis quelques années, les traitements d’immunothérapie par cellules à récepteurs chimériques (CAR) ont changé le visage de la lutte contre le cancer. Utilisé en combinaison avec d’autres traitements (chimiothérapie, radiothérapie), ce type d’immunothérapie reprogramme les cellules immunitaires du patient (les cellules T) pour qu’elles s’attaquent elles-mêmes aux cellules cancéreuses. «C’est un peu comme un judo immunitaire», compare Paul François.
En laboratoire, on modifie les cellules T pour y ajouter un récepteur synthétique, le CAR. Ce récepteur permet aux cellules T de s’activer pour détruire les cellules cancéreuses, mais son mécanisme de reconnaissance des tumeurs n’est pas très précis: les cellules T s’attaquent souvent aussi aux tissus sains. L’immunothérapie CAR-T est ainsi très efficace dans le cas des leucémies, où le manque de spécificité des CAR n’est pas fatal, mais elle fonctionne moins bien quand il s’agit de cancers solides, comme celui des ovaires. «Les cellules CAR-T attaquent la tumeur dans l’ovaire, mais elles détruisent par le fait même les tissus sains, en particulier les poumons. Vous soignez le cancer, mais vous tuez la patiente», constate Paul François.