En mars dernier, la New York Public Library a ouvert au public 336 boîtes d’archives consacrées à Joan Didion. Manuscrits, lettres, photos, carnets, brouillons, contrats annotés… Au total, plus de 35 m de documents retracent la vie et l’œuvre de celle qui a marqué le nouveau journalisme par sa voix singulière et sa plume acérée.
Clara Champagne, qui termine un doctorat en communication sur la figure de Joan Didion sous la direction de Juliette De Maeyer à l'Université de Montréal, a été la première chercheuse à consulter ces archives. Inscrite sur la liste d’attente deux ans avant leur ouverture, elle a reçu l’appel tant attendu dès que les archives ont été accessibles. Elle a alors mis entre parenthèses son travail de rédactrice en chef adjointe au magazine Nouveau Projet pour partir cinq semaines à New York.
Pour la doctorante, qui a fait paraître un article sur ses découvertes dans Nouveau Projet, ces archives apportent un regard neuf sur l’écrivaine et invitent à nuancer l’image de Joan Didion comme narratrice transparente. «Son “je” n’était pas elle. C’était une construction, un personnage littéraire qu’elle a façonné au fil de ses textes», observe-t-elle.