De la résidence à la direction: être formé en région, puis y former la relève

En 5 secondes La Dre Jessica Perreault Bishop ne connaissait rien de Saint-Jérôme avant d’y faire sa résidence. La voici maintenant directrice du nouveau campus des Laurentides de l’UdeM pour la formation médicale.
Jessica Perreault Bishop, chargée d'enseignement clinique à l’Université de Montréal

Il y a déjà un moment que la Dre Jessica Perreault Bishop, directrice de l'enseignement médical au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides et chargée d'enseignement clinique à l’Université de Montréal, souhaitait augmenter l’offre de stages d’externat dans sa région. Le futur campus de l’Université de Montréal dans les Laurentides, qui accueillera sa première cohorte étudiante en médecine dès l’automne prochain – puis en pharmacie en 2027 –, lui en donne désormais les moyens. Entrevue avec une clinicienne engagée et profondément attachée à son milieu.

Questions Réponses

Pourquoi est-ce si important de former des médecins dans les Laurentides maintenant?

La population des Laurentides croît rapidement, tout comme les besoins en santé. En parallèle, les cohortes en médecine ont augmenté de 40 % entre 2018 et 2024, ce qui accentue la pression sur les milieux de stage, déjà saturés en milieu urbain. Les Laurentides s’imposaient donc comme une solution: la région offre un vaste réseau de professionnels ainsi qu’une grande diversité de cas cliniques et de milieux de soins, ce qui est particulièrement formateur pour la relève.

La formation en région fait donc partie de la solution?

Tout à fait. Accroître les cohortes, c’est une chose, mais encore faut-il avoir les milieux pour former ces futurs médecins. En développant la formation en région, on répond à deux enjeux: la capacité d’accueil des stages et les besoins régionaux en effectifs médicaux. Former en région, c’est aussi favoriser l’attraction et la rétention.

Quelle est votre vision pour ce campus dans les Laurentides?

C’est tout un défi! On part d’un canevas blanc, avec une nouvelle équipe. Je veux que ce campus prenne la couleur des gens qui vont le bâtir. On recrute des médecins de la région pour que les étudiants et les étudiantes puissent découvrir une réalité clinique très diversifiée, propre à ce vaste territoire que sont les Laurentides. Je souhaite aussi un campus bien ancré dans sa communauté, qui établira des liens avec les organismes locaux et sera partenaire d’initiatives comme des évènements sportifs. Notre objectif: implanter une culture d’apprentissage axée sur l’excellence et l’innovation, avec des retombées concrètes pour la région. Pensons au centre-ville de Saint-Jérôme, aux commerces, aux cafés, à l’effervescence que peut créer une communauté étudiante. Les Laurentides comptent de nombreuses jeunes familles, mais aussi une population vieillissante. C’est une vision de soins de 0 à 100 ans!

Qu’est-ce qui distinguera ce campus des autres milieux de formation?

Notre identité va se construire avec le temps. Ce qui nous distingue déjà, c’est notre situation géographique: dans une région intermédiaire, à proximité de Montréal et de l’Université de Montréal. Les étudiantes et étudiants pourront à la fois accéder à des stages spécialisés en milieu urbain et utiliser le campus des Laurentides comme tremplin vers des municipalités plus éloignées, telle la ville de Mont-Laurier. J’en suis moi-même un bon exemple. Je viens de Montréal et j’ai fait ma résidence à Saint-Jérôme – j’étais de la première cohorte du groupe de médecine de famille universitaire [GMF-U] Lafontaine, en 2015, devenu depuis le GMF-U Dre Andrée-Gagnon. Ç’a été un vrai coup de cœur. J’ai eu envie de m’engager, d’abord auprès des résidents, puis dans la direction locale du programme. Une fois diplômée, je suis restée. Quand on connaît les équipes et la communauté, ça diminue l’anxiété. Cette proximité crée un sentiment d’appartenance et donne envie de s’établir. 

Quel est votre plus grand souhait pour ce campus à naître?

Je souhaite que ce campus apporte quelque chose de concret à la région. Qu’il renforce le système de santé, ouvre des perspectives professionnelles et améliore, à terme, l’accès aux soins. Si la population en bénéficie pour de vrai, alors on aura réussi!

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