Certaines fibres textiles en milieu professionnel pourraient augmenter le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées. C'est ce que révèle l'analyse de Maymouna Myriam Ka, étudiante de maîtrise sous la direction des professeures Vikki Ho et France Labrèche, de l'École de santé publique de l'Université de Montréal. L'étudiante a examiné les données d'une étude cas témoins menée entre 2008 et 2011 auprès de 1248 femmes.
Ses travaux, effectués en collaboration avec l'épidémiologiste Mark Goldberg, de l'Université McGill, montrent des liens potentiels entre le cancer du sein et l'exposition aux fibres de coton ainsi qu'aux fibres traitées chimiquement. Les risques semblent particulièrement élevés lorsque l'exposition survient avant l'âge de 36 ans ou avant la première grossesse.
Des expositions professionnelles sous-étudiées
En 2021, l'industrie du textile employait environ 37 000 personnes au Canada, dont 64 % de femmes. Et dès 1990, le Centre international de recherche sur le cancer avait conclu que le travail dans cette industrie était possiblement cancérogène pour l'humain, évoquant notamment les poussières de fibres et les colorants comme agents suspects.
L'origine du projet de recherche remonte à des travaux antérieurs réalisés dans les années 1990 et 2000. «Notre équipe d'épidémiologistes s'intéresse aux expositions professionnelles qui sont sous-étudiées au pays, explique Vikki Ho. Nous nous concentrons sur les expositions professionnelles parce que les facteurs environnementaux sont aussi ceux reliés au travail, avec des concentrations plus élevées.»