«Je n’ai moi-même jamais participé à ma collation des grades, que ce soit au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat», confie Sara Teitelbaum. Pourtant, aujourd’hui, la professeure du Département de sociologie de l’Université de Montréal se fait un point d’honneur d’y assister aussi souvent que possible.
Comme Steve Geoffrion, de l’École de psychoéducation, elle prend le temps d’être présente lors de ce qui constitue le point d’orgue du parcours étudiant. «Je suis professeur depuis 10 ans et j’essaie d’aller à ces cérémonies chaque année», affirme-t-il. Que signifie ce moment pour ces deux professeurs?
Des moments importants
«Je sais que les étudiantes et les étudiants sont reconnaissants de ma présence», croit Sara Teitelbaum. En effet, la chercheuse est aussi directrice des programmes en environnement et développement durable à l’Université de Montréal, des programmes qui relèvent de la – très grande – Faculté des arts et des sciences plutôt que d’un département en particulier.
Cette présence ne s’arrête toutefois pas là. Après la remise des parchemins, elle reste dans la salle pour échanger avec les diplômés et leur famille lors du cocktail. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a mesuré pleinement l’importance et la signification de ce moment pour eux. Les familles des étudiants étrangers se déplacent parfois de très loin pour assister aux collations des grades. «Certaines de ces familles ont fait beaucoup de sacrifices pour que leur enfant puisse étudier ici et elles font de grands efforts pour célébrer cet accomplissement», constate-t-elle.
Prendre part aux collations des grades comme professeure a provoqué un véritable déclic chez elle: «J’ai compris que j’avais manqué une occasion importante plus jeune.» Et quand sa fille a terminé son baccalauréat, c’est toute la famille qui est allée à la remise du diplôme. «Il ne faut pas tenir pour acquis ce moment fort», insiste Sara Teitelbaum.
Des histoires touchantes
Steve Geoffrion ne pourrait pas être plus d’accord. «La présence des professeurs devrait être fortement encouragée. Trois heures pour souligner l’effort et la réussite de nos étudiants et étudiantes, ce n’est pas beaucoup. Après tout, c’est grâce à eux que nous avons le privilège d’exercer ce métier», remarque-t-il. Pour les finissants, voir un visage familier qui les applaudit lorsqu’ils reçoivent leur diplôme témoigne du soutien continu de ceux et celles qui leur ont enseigné, tant aux cycles supérieurs, où la relation de proximité se cultive sur de nombreuses années, qu’au baccalauréat, où dans certains cas un enseignant ou une enseignante a joué un rôle particulier.
La rencontre des familles représente un moment important de cette journée. «La collation des grades permet de faire la connaissance des proches qui ont soutenu nos étudiantes et nos étudiants durant leur parcours. Pour eux, c’est l’occasion de mettre un visage sur le professeur ou la professeure dont ils ont entendu parler; pour nous, c’est l’occasion de rencontrer les personnes qui ont contribué à cette réussite», raconte-t-il.
Au détour d’une conversation, les enseignants du premier cycle – et qui donc voient passer pratiquement toute une cohorte – apprennent la place qu’ils ont occupée dans le parcours de ces diplômés. «Ces étudiants et étudiantes me connaissent, mais je n’ai pas toujours la possibilité de mesurer la place que j’ai pu avoir dans leur parcours. Aux collations des grades, leur présence, leurs mots et la rencontre de leurs proches donnent tout à coup un sens très concret à mon travail. C’est un moment de grande fierté, mais aussi de reconnaissance mutuelle», conclut Steve Geoffrion.