On entend souvent parler du manque de médecins en région éloignée, mais la situation n’est pas plus rose pour les soins dentaires. «À Chibougamau, il y a deux dentistes qui ont une pratique élargie, mais qui ne peuvent répondre à tous les besoins, comme les greffes de gencive, les extractions de dents plus complexes et certains soins en médecine buccale et en pathologie, illustre Britanny Ouimet. Il faut souvent de cinq à six heures de route pour y avoir accès.»
Celle qui a obtenu son titre de dentiste en juin a beaucoup aimé ces branches qu’elle a explorées lors de sa formation de cinq ans à l’Université de Montréal qui l’a notamment menée dans le milieu hospitalier en Belgique pour un stage d’été. Elle a donc eu envie de poursuivre ses apprentissages en entreprenant une résidence multidisciplinaire de deuxième cycle d’un an à Santé Québec – CHUM et à la clinique dentaire de l’UdeM.
«J’apprends à prendre en charge des personnes médicalement compromises, comme des gens atteints de cancer, en attente d’une greffe d’organe ou d’une chirurgie cardiaque, explique-t-elle. Par exemple, chez les patients qui seront immunosupprimés, chaque foyer potentiellement infectieux doit être éliminé au préalable, car une petite infection dentaire pourrait rapidement s’aggraver et entraîner des complications.»
Bien que les deux dentistes de Chibougamau aient hâte qu’elle vienne leur prêter main-forte, Britanny Ouimet est heureuse d’acquérir ces compétences complémentaires.
«Ce sera un bon bagage à rapporter en région, croit-elle. Après seulement un mois au CHUM, j’ai vu beaucoup de patients aux prises avec des problèmes de santé que je n’avais pas rencontrés en clinique durant mes cinq années de formation. Je serai plus outillée pour les reconnaître et offrir les traitements requis.»
En plus de Chibougamau, elle aimerait contribuer aux soins dentaires de la communauté crie de Mistissini, au nord-est de la ville.
«Il y a une énorme pénurie de dentistes dans les communautés autochtones, précise-t-elle. Ceux sur place arrivent seulement à s’occuper des soins urgents et certains patients prennent l’avion pour obtenir des soins dentaires.»
Un engagement ici et ailleurs
Figurant sur la liste d’honneur du doyen pour l’excellence de son parcours, celle qui a toujours rêvé de devenir dentiste fait également du bénévolat ici et ailleurs depuis le début de ses études universitaires. Avec Dentraide, une organisation étudiante à but non lucratif, Britanny Ouimet a notamment fait la distribution de matériel d’hygiène dentaire auprès des personnes itinérantes à la Mission Old Brewery.
Elle a aussi participé à une mission humanitaire au Guatemala pour prodiguer des soins dentaires à des communautés qui n’y ont pas accès.
«Les voyages ouvrent les horizons, affirme celle qui a parcouru en solo l’Australie et l’Italie avant ses études en médecine dentaire. J’aimerais retourner un jour en mission humanitaire. Mais pour le moment, je me concentre sur la résidence et, après, je rentrerai à Chibougamau pour établir ma pratique. On verra par la suite ce que l’avenir me réserve.»