L’atelier propose une série de gestes à faible coût, en temps comme en énergie, qui contribuent à établir une relation de qualité avec les étudiantes et étudiants.
Être prêt 15 minutes avant le début du cours afin d’être disponible pour accueillir le groupe en est un exemle, de même que le simple fait de parler avec lui de son actualité scientifique ou de ses expériences personnelles en lien avec la matière enseignée. Un sondage transmis avant le premier cours permet aussi de recueillir de l’information sur la motivation des étudiants et des étudiantes, leurs appréhensions à l’égard de la matière ou leurs conditions de vie.
«Ça permet à l’enseignante ou l’enseignant d’adapter ses exemples à la réalité de son groupe, dit Yohann Cesa. Et ça donne à la classe le sentiment qu’elle est écoutée.»
«L’attention qu’on accorde aux étudiants laisse une trace durable, poursuit Maude Belleville. Quand ils sentent qu’ils comptent pour nous, ça change leur rapport au cours.»
L’ensemble de ces pratiques peut se résumer par l’acronyme IDEES: informer régulièrement et par différents moyens; dédramatiser en normalisant la difficulté; encourager; expliciter les attentes, la pertinence et le sens des apprentissages; socialiser en multipliant les occasions de rencontre, qu'il s'agisse d'échanges avec l’enseignante ou l’enseignant ou entre les étudiantes et étudiants eux-mêmes.
Le piège du plan de cours
L’atelier insiste sur une pratique fréquente, soit celle de commencer la première séance en distribuant le plan de cours.
Cette pratique très répandue peut priver l’enseignante ou l’enseignant d’une occasion précieuse d’établir d’abord un lien avec le groupe, selon Maude Belleville et Yohann Cesa.
Ils proposent d’inverser l’ordre habituel: l’enseignant donne le ton en suscitant la curiosité dès les premières minutes, puis invite les étudiants à partager anonymement leurs impressions, leurs champs d'intérêt et leurs questions à l’égard de la matière. La professeure ou le professeur présente ensuite sa propre inclination pour la discipline et les grandes questions que le cours permettra d’aborder, avant de proposer une première expérience d’apprentissage. Elle ou il peut aussi faire des liens avec le questionnaire transmis avant le début du cours.
«Ce n’est qu’à cette étape que le plan de cours entre en scène, présenté comme une démonstration de la pertinence du contenu plutôt qu'un point de départ administratif, souligne Yohann Cesa. La séance peut se conclure par un temps de questions et un rappel des disponibilités de l’enseignant pour que les étudiants quittent la salle avec le sentiment d’avoir été écoutés.»
Cet engouement des nouveaux et nouvelles membres du corps professoral de l’UdeM pour l’atelier rejoint d’ailleurs ce que Maude Belleville entend directement de la bouche de ses étudiantes et étudiants lorsqu’elle leur demande ce qu’ils apprécient dans un cours. «Discuter, échanger et être actifs, c’est l’expérience humaine et concrète qu’ils recherchent», conclut-elle.