Le sociologue Marcel Fournier fait l’objet d’un colloque hommage

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  • Le 26 septembre 2019

  • Mathieu-Robert Sauvé
Marcel Fournier

Marcel Fournier

Crédit : Christian Konjian

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Le Département de sociologie de l’Université de Montréal a tenu un colloque pour souligner la carrière de Marcel Fournier. La rencontre a réuni des chercheurs de France, des États-Unis et du Canada.

Penseur productif et respecté tant au Québec qu’en France et aux États-Unis, le sociologue Marcel Fournier a fait l’objet d’un colloque hommage le 18 septembre à l’Université de Montréal. Une soixantaine de personnes sont venues entendre huit spécialistes de trois pays souligner les contributions du professeur Fournier et présenter leurs travaux au cours de cette «agora sociologique». «Je vous ai écoutés avec émotion et nervosité», a dit le professeur du Département de sociologie de l’UdeM et membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (UQAM) au moment de prendre la parole.

Au cours de ses 45 ans de carrière, Marcel Fournier a mené de front des activités d’enseignement et de recherche et participé à de multiples débats politiques et linguistiques au Québec. Il s'est intéressé en particulier à l'évolution des idéologies et à la sociologie de la culture et des arts.

Sous la conduite de Marcel Rioux, il a consacré son mémoire de maîtrise au militantisme communiste au Québec dans les années 1920-1950. Puis, il s'est inscrit au doctorat sous la direction de Pierre Bourdieu, qu’il avait rencontré «un peu par hasard» à son premier voyage à Paris, quand il suivait un stage de l’Office franco-québécois pour la jeunesse. Les deux hommes sont restés amis jusqu'à la mort du sociologue français, en 2002.

Pierre Doray, de l’UQAM, a raconté l’un de ses plus lointains souvenirs de Marcel Fournier. C’était en 1973, alors qu’il venait de s’inscrire au Département de sociologie de l’Université de Montréal. Marcel Fournier a été l’un de ses premiers professeurs. Plusieurs années après, le sociologue a entrepris une vaste étude, la première du genre, sur la vie étudiante. «Ce genre d’innovation nous manque aujourd’hui en sociologie de l’éducation», a commenté M. Doray.

«Je considère Marcel comme un ami même si l’on a des différends», a lancé l’historien des sciences Yves Gingras, de l’UQAM, qui a étudié sous sa direction dans les années 1970 à l’Université de Montréal. Les deux hommes collaborent toujours, par l’entremise du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, qui a soutenu l’organisation de la rencontre avec la Chaire Fernand-Dumont sur la culture (Institut national de la recherche scientifique) et le Département de sociologie. Dans leur feuille de route figure la rédaction d’un article sur l’évaluation par les pairs daté de 1988. «Dans le temps, ce n’était pas la mode. Aujourd’hui, des tonnes d’articles paraissent sur ce sujet», a rappelé Yves Gingras.

Sociologie des arts et de la culture

Parmi les quelque 50 mémoires et thèses dirigés par Marcel Fournier, au moins 13 ont porté sur la sociologie des arts et de la culture, a calculé Anne Robineau, professeure à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Elle a dirigé avec lui en 2006 l’ouvrage Musique et société : enjeux, méthodes et savoir critique (L’Harmattan). «Sa contribution est remarquable en matière de sociologie des arts», a-t-elle fait remarquer.

Simon Langlois, de l’Université Laval, a présenté une synthèse de ses travaux sur une figure importante et méconnue du Québec intellectuel, Jean-Charles Falardeau. Michèle Lamont, de l’Université Harvard, Steven Lukes, de l’Université de New York, et Jean-Louis Fabiani, de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, étaient les autres invités présents.

«Nous n’avons eu aucun mal à convaincre nos conférenciers de venir prononcer une allocution dans le cadre de cette rencontre en l’honneur de Marcel Fournier», a mentionné Yan Sénéchal, chargé de cours et doctorant sous sa direction. Il travaillait depuis un an à l'organisation de cette activité.

Le Département de sociologie de l’UdeM estime qu’un tel colloque «s’imposait afin de saluer la contribution de son œuvre au développement de domaines aussi divers que l’histoire de l’École française de sociologie, l’histoire de la sociologie du Québec, la sociologie des sciences, la sociologie des arts et la sociologie de l’éducation».