Les étonnants pouvoirs de la musique sur le cerveau

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La réalisatrice Isabelle Raynauld nous plonge au cœur des neurosciences musicales et nous raconte les histoires bouleversantes de ceux et celles qui ont été transformés par la musique.

Dans son nouveau long métrage documentaire, De la musique pour le cerveau, Isabelle Raynauld, professeure de cinéma au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal, nous dévoile les bienfaits de la musique sur le cerveau humain.

Passionnée par les neurosciences, Isabelle Raynauld avait réalisé en 2006 Le cerveau mystique, qui avait remporté le prix Gémeaux du meilleur documentaire dans la catégorie Sciences et sociétés. Elle continue de suivre le travail de réputés chercheurs en neurosciences, comme Isabelle Peretz au Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (le BRAMS) et le neuroscientifique David Poëppel, de l’Université de New York, pour s’intéresser cette fois à la musique. 

Une succession d’histoires bouleversantes

«Isabelle Raynauld a un véritable talent pour réussir à faire parler les gens», mentionne Isabelle Peretz, que la réalisatrice a suivie durant près de 10 années pour les besoins du documentaire.

Isabelle Raynauld filme ainsi une succession d’histoires bouleversantes.

Nous suivons l’histoire fascinante de ce criminologue devenu aphasique à la suite d’un accident cardiovasculaire et qui va parvenir à retrouver l’usage de la parole en chantant. Nous découvrons également un groupe de jeunes filles autistes qui ont formé un groupe musical et qui grâce à la chanson réussissent à communiquer et à raconter ce qu’elles ont vécu dans la journée. Nous plongeons aussi dans l’histoire de soldats revenus d’Afghanistan avec un syndrome de stress post-traumatique et qui retrouvent le goût de vivre grâce à l’association Guitares pour Vet.

«La musique a été pour moi l’équivalent de l’oxygène pour mes poumons! En réalisant ce film, j’ai pu documenter que la musique contribue à la plasticité cérébrale», dit Isabelle Raynauld, qui a subi une grave commotion cérébrale et sur qui la musique, notamment, a eu un effet thérapeutique.

Genèse du documentaire

Dans ce long métrage, Isabelle Raynauld a travaillé sur un sujet très personnel qui l’habite depuis qu’elle est toute petite. La cinéaste a en effet grandi au sein de familles élargies fort contrastées. Son grand-père maternel était chanteur d’opéra, ses parents se sont rencontrés dans une chorale, mais du côté paternel la majorité de ses proches parents sont atteints de surdité congénitale.

C’est pourquoi Isabelle Raynauld a toujours considéré la capacité d'entendre comme un privilège inouï. Très jeune, elle s’est demandé pourquoi certaines personnes naissent sans pouvoir entendre. Cette réalité l’a tant habitée qu’elle a consacré une partie de sa thèse de doctorat au cinéma «dit» muet, car pour elle c’était bien les spectateurs qui devenaient en quelque sorte «sourds» en regardant ces films dont on ne pouvait entendre le son, mais qui mettaient néanmoins en scène des univers totalement sonores. Ses recherches sur le son ont continué de l’inspirer. Elle a ainsi obtenu un financement en 2011 du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour se pencher sur la musique et le cerveau. Ce dernier documentaire est l’aboutissement d’une dizaine d’années de travail. 

Pour une plus grande reconnaissance de la musique

Isabelle Raynauld est étonnée que la musicothérapie ne soit pas plus répandue que cela. «Elle devrait faire partie de nos régimes d’assurance collective!» Mais elle précise du même coup que la thérapie par la musique ne saurait remplacer la médecine traditionnelle. Il faut les concevoir de manière complémentaire, évaluer leur efficacité thérapeutique au cas par cas. D’ailleurs, son film donne la parole à des médecins spécialistes qui ont su intégrer la musique durant leurs traitements et lors de la convalescence de leurs patients.

La culture médicale occidentale est la seule qui ne propose pas de musique ni de traitements sonores de façon thérapeutique. Dans de nombreuses autres cultures, il existe un volet musical pour apaiser les patients et les aider à traverser les épreuves de la vie. Alors «apprendre à jouer d’un instrument, être dans un chœur ne peut que faire du bien! Il n’y a aucun effet secondaire négatif!» déclare Isabelle Raynauld.

«Ce film est d’une importance primordiale non seulement pour accroître la visibilité de la recherche qui se fait à Montréal sur le cerveau et la musique, mais aussi pour documenter les bienfaits reconnus de la musique sur la santé et la société. À ce titre, il est pertinent de signaler que Montréal peut s’enorgueillir d’abriter le BRAMS, le plus grand centre de recherche consacré au cerveau et à la musique et chef de file incontesté en neurosciences de la musique», commente Isabelle Peretz.

Visionner le documentaire

Si vous n’avez pas vu en salle le documentaire De la musique pour le cerveau, il n’est pas trop tard pour le regarder à Montréal. Il sera présenté au Cinéma du Musée des beaux-arts de Montréal:

  • le jeudi 20 février à 15 h;
  • le vendredi 21 et le samedi 22 février à 16 h 40;
  • le mardi 25 février à 13 h 50;
  • le jeudi 27 février à 16 h 40.

Il sera également projeté dans d’autres villes canadiennes ainsi qu’à l’étranger: