Des champignons, deux stratégies
En effet, il existe deux grands types de mycorhize: l’ectomycorhize et la mycorhize arbusculaire, mais ces deux types semblent influencer de manière différente la diversité des espèces d'arbres qu’on peut trouver en forêt.
L’ectomycorhize concerne environ 2 % des espèces de plantes, essentiellement des arbres résineux des forêts de l’hémisphère Nord. La mycorhize arbusculaire est la forme la plus ancienne et la plus répandue d’association symbiotique entre les champignons et les plantes, puisqu’elle concerne 80 % des plantes terrestres. La première se différencie tout simplement de la seconde par la façon dont le champignon se lie aux racines de la plante.
Selon les scientifiques, les forêts dont les sols sont colonisés par la mycorhize arbusculaire seraient plus diversifiées. Par exemple, la forêt tropicale humide, qui est très riche en espèces d’arbres, est connue pour être principalement composée d'arbres formant une mycorhize arbusculaire. À l’inverse, la forêt boréale est dominée par des arbres à ectomycorhize et est plus pauvre en diversité.
C’est la raison pour laquelle les chercheurs pensaient que la mycorhize arbusculaire chez les plantes favoriserait la coexistence et la diversité des espèces végétales, tandis que l’ectomycorhize favoriserait la domination d'une ou de seulement quelques espèces.
Les études expérimentales sur de jeunes pousses d’arbres ainsi que les observations à large échelle dans différents biomes terrestres – zones géographiques qui partagent un climat, une faune et une flore similaires – semblaient aussi valider cette hypothèse. C’est cette hypothèse que cette nouvelle étude vient remettre en cause.