L'intelligence artificielle (IA) pourrait bientôt aider les médecins à diagnostiquer et à traiter des maladies, dont le cancer et la dépression, en mettant à leur disposition le son de la voix de patients. En effet, 12 établissements de recherche de premier plan, dont l'Université de Montréal, travaillent à établir la voix comme biomarqueur à utiliser dans les soins de santé.
Financé à hauteur de 14 M$ US sur quatre ans par les National Institutes of Health (NIH) des États-Unis, le projet est dirigé par le Dr Yael Bensoussan, de l'Université de Floride du Sud à Tampa, et Olivier Elemento, du Weill Cornell Medical College de l’Université Cornell, à New York, ainsi que par six autres établissements d’enseignement et de recherche aux États-Unis et quatre au Canada.
Il s'agit de l'un des quelques projets financés par un nouveau programme des NIH appelé Bridge2AI (un pont vers l'intelligence artificielle). La technologie de la base de données est fournie par Owkin, une entreprise franco-américaine spécialisée dans la biotechnologie et l'intelligence artificielle.
Baptisé Voice as a Biomarker of Health (la voix comme biomarqueur de la santé), le projet vise à enregistrer de manière éthique des centaines de milliers de voix humaines tout en garantissant la diversité et la confidentialité des données des patients. Des modèles d'apprentissage automatique seront ensuite élaborés pour détecter des maladies à partir des changements dans la voix humaine, et ce, à faible coût.
Nous avons demandé à la seule chercheuse principale québécoise du projet, Vardit Ravitsky, professeure de bioéthique à l'École de santé publique de l'UdeM et maître de conférences en santé mondiale et médecine sociale à la Harvard Medical School, de nous en dire plus.