Surveiller pour mieux traiter
Publiés tous les ans, les rapports de surveillance des infections attribuables à N. gonorrhoeae servent à étudier l’évolution de ces infections, déterminer le profil de sensibilité des souches de la bactérie aux antibiotiques et évaluer leur antibiorésistance.
«Les résultats issus de ces rapports sont utilisés chaque année pour réévaluer les protocoles de traitements suggérés aux patients atteints de gonorrhée», précise la Dre Judith Fafard, directrice médicale du Laboratoire de santé publique du Québec et chargée d’enseignement de clinique au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal.
Par exemple, grâce à ces données, la ciprofloxacine – qui était auparavant le traitement de premier choix contre la gonorrhée – n’est plus conseillée depuis plusieurs années au Québec en raison du haut taux de résistance de N. gonorrhoeae à cet antibiotique (qui, en 2020, s’élevait à 73 %). Constat similaire pour l’azithromycine: cet antibiotique n’est plus recommandé en monothérapie à cause de l’augmentation de la résistance de la bactérie.
À noter que, en 2020, la résistance à l’azithromycine était plus élevée chez les femmes (45 %) que chez les hommes (20 %). La Dre Fafard émet comme hypothèse le fait que les femmes reçoivent potentiellement plus souvent cet antibiotique, puisque les autres peuvent avoir des répercussions sur le fœtus. Il est donc possible que les femmes soient plus fréquemment exposées à l’azithromycine que les hommes.