Causes et conséquences à préciser
Pour l’instant, l’équipe ne sait pas avec certitude quel phénomène cause ces perturbations. Jean-François Lapierre avance qu’il s’agit probablement d’un accroissement du ruissellement de l'eau de pluie de la terre vers les lacs en raison de la diminution de l’évapotranspiration, de l’absorption des nutriments par les plantes, de l’interception des précipitations par la canopée et de l’absorption de l’eau par le sol.
«Après un feu, la matière organique est moins bien retenue dans les sols par la végétation et est ainsi lessivée davantage vers les lacs. Heureusement, si cette hypothèse s’avère, on peut présumer que les effets des feux s’estomperont au fur et à mesure que les arbres et les plantes repousseront», explique le chercheur.
Le professeur tient à préciser qu’une réduction de la clarté de l’eau et une augmentation des nutriments ne sont pas dommageables en soi. Cependant, à plus long terme, si l’eau des lacs brûlés est chlorée pour la consommation humaine et présente une forte concentration de carbone, les deux éléments pourraient interagir. La perte de transparence de l’eau pourrait aussi influencer la température et l’oxygénation des différentes couches d’eau, modifiant ensuite la production primaire d’algues et de cyanobactéries.
«Certaines études laissent entendre que les changements dans la transparence de l’eau et dans la concentration de nutriments pourraient aussi accroître la bioamplification des métaux des phytoplanctons vers les poissons», ajoute Jean-François Lapierre.