De nouveaux biomarqueurs mis au jour
Jusqu’à présent, on en savait encore peu sur le rôle du métabolisme et des métabolites dans la détermination de l’âge des premières règles et de la fin de la période reproductive. Or, compte tenu des répercussions de ces évènements sur la santé des femmes, il est crucial de mieux comprendre les processus à l’œuvre.
«Notre objectif était d’identifier de nouveaux biomarqueurs, explique la Dre Manousaki. Nous avons donc testé plusieurs centaines de métabolites sur des bases de données pangénomiques de filles et de femmes pour voir s’il existe une relation de causalité entre ces substances et l’âge de la ménarche et de la ménopause. Nos analyses ont révélé que c’est le cas des acides gras tels que certaines phosphatidylcholines ainsi que les oméga-3 et oméga-6.»
Par ailleurs, comme l’âge des premières règles tend à diminuer chez les filles avec un excès de poids et qu’il existe des liens entre l’obésité et la ménopause précoce, la Dre Manousaki et son équipe ont également voulu vérifier l’incidence de l’IMC comme facteur intermédiaire. En utilisant des bases de données pangénomiques et des mesures directes des métabolites sanguins chez les filles et les femmes d’une cohorte britannique, la chercheuse et ses collègues ont constaté que l’effet des oméga-3 et des oméga-6 reste important sur l’âge de la ménopause, peu importe l’IMC. Toutefois, l’influence de certains acides gras sur l’âge des premières menstruations disparaît quand on tient compte de ce facteur, ce qui renforce l’hypothèse de l’association entre obésité et puberté précoce. Malgré tout, il est possible que d’autres facteurs liés au style de vie non considérés dans l’étude, comme l’activité physique ou le régime alimentaire, agissent aussi comme facteurs intermédiaires.