Une vaste cueillette
Depuis quelques mois, l’équipe du chercheur en chimie environnementale se rend dans plusieurs épiceries et établissements de restauration rapide du Québec pour recueillir différents aliments: poissons, fruits de mer, viandes, produits laitiers, protéines végétales, corps gras, œufs, pains, fruits et légumes, mets préparés, etc.
«On vise une distribution très variée pour savoir s’il y a des produits contaminés principalement à cause des matières premières utilisées ou si la contamination est le fait du processus de manutention. Aussi, on se demande s’il y a une différence entre les produits congelés et les frais, ceux emballés dans du plastique, ceux qui sont biologiques, les poissons d’élevage et les poissons sauvages, ceux de différentes régions du monde», mentionne Sébastien Sauvé.
Si le tableau général est actuellement encore imprécis, les données préliminaires indiquent que certains poissons (surtout les prédateurs en haut de la chaîne alimentaire), certains fruits de mer (notamment les organismes filtreurs) et certaines viandes contiendraient des niveaux plus élevés de PFAS. Les produits laitiers semblent intermédiaires et les produits végétaux montrent des concentrations très faibles, voire difficiles à détecter.
«On a aussi la présomption que le foie et les autres abats seraient en général des produits qui accumulent davantage les contaminants, tout comme les denrées ultratransformées, puisque plus manipulées», ajoute le chercheur.