Pour la cueillette de données, Vincent Mélançon a eu recours à trois traitements: le premier sans cuivre (contrôle), le deuxième avec une concentration similaire au milieu naturel, et un troisième à concentration élevée.
Cent-cinquante cténolabres de moins de dix centimètres ont été utilisés au cours de cette expérience; ils ont été exposés pendant 96 heures selon les standards toxicologiques internationaux. Cette durée permet non seulement d’observer les effets comportementaux, mais aussi de mesurer l’accumulation du cuivre dans les tissus des poissons.
«Chaque poisson a été filmé avant et après l’exposition dans les bassins afin de voir les différences de comportements, souligne le doctorant. Ainsi, l’originalité de notre approche est que chaque poisson soit son propre groupe contrôle, car la comparaison individuelle permet d’éliminer les biais liés aux variations interindividuelles!»
Parallèlement, des prises de sang et des frottis sanguins visaient à révéler les modifications de la composition des globules rouges et blancs. Pour stimuler le système immunitaire, des injections de fragments de lipopolysaccharides – des fragments bactériens immunostimulants – devaient permettre l’observation du système de défense dans des conditions contrôlées.
«Les premières observations vidéos montrent que les poissons deviennent plus amorphes après injection du stimulant immunitaire par rapport au placebo salin, et que l’exposition au cuivre génère également des modifications visibles, dont des rougeurs aux yeux et aux nageoires qui témoignent de l’action du contaminant sur leur morphologie», concluent Sandra Ann Binning et Vincent Mélançon.
Ces données comportementales et physiologiques alimenteront les analyses approfondies qui suivront cette mission de terrain, s’inscrivant dans une démarche scientifique à long terme visant à mieux comprendre les interactions complexes entre contaminants et organismes aquatiques dans nos écosystèmes marins en mutation en raison des activités humaines.