Un sanctuaire unique
Le sanctuaire de singes de Boabeng-Fiema constitue un cas exceptionnel de conservation communautaire. Cette forêt de deux à trois kilomètres carrés, située près de deux villages ghanéens, abrite plus de 260 colobes de Geoffroy répartis en plusieurs groupes.
«La préservation de ces primates est possible, car les singes font partie des croyances religieuses des habitants de ces deux villages, explique Iulia Bӑdescu, qui est codirectrice du lieu avec Eva Wikberg, de l’Université du Texas à San Antonio. Les villageois cohabitent avec les primates, malgré quelques inconvénients comme le fait que les colobes grugent parfois les murs de leurs maisons, composés de terre rouge riche en minéraux.»
La particularité de ce terrain d’étude réside aussi dans son statut touristique, ce qui crée des défis supplémentaires pour les chercheurs. «C’est un site d’écotourisme et il y a régulièrement des autobus qui amènent des touristes, raconte Francis Latour. Ces intrusions modifient parfois les comportements des primates et compliquent la collecte de données.»