Une floraison trop brève et des espèces insaisissables
«Les aubépines fleurissent très tôt au printemps. La difficulté, c’est que c’est très fugace comme floraison. On a une courte période d’une à deux semaines pour les identifier», remarque Marc-Aurèle Vallée. Passée cette brève fenêtre, l’identification devient presque impossible, faute de fleurs ou de fruits, essentiels pour distinguer les espèces.
Cette contrainte rend les inventaires de biodiversité incomplets: «Contrairement à la plupart des autres espèces de plantes à fleurs, ce sont des espèces très peu étudiées, souvent négligées», souligne-t-il. Or, plusieurs formes locales semblent aujourd’hui en déclin, notamment en raison de la concurrence d’espèces exotiques envahissantes comme le nerprun cathartique. Les aubépines sont aussi mal vues des agriculteurs: leurs épines sont basses et peuvent percer les pneus de tracteurs et abîmer la peinture des machines. En plus, le nerprun est avantagé: «Il continue sa photosynthèse tard dans la saison et accumule des réserves alors que les aubépines ont souvent déjà perdu leurs feuilles à la mi-septembre», précise Marc-Aurèle Vallée.
Dans le parc Michel-Chartrand, à Longueuil où se trouvent de nombreuses espèces d’aubépines, l’équipe d’Étienne Léveillé-Bourret a fixé des étiquettes métalliques sur les arbustes pour faciliter l’étude et le suivi d’une saison à l’autre des mêmes individus.