Une motivation intéressée
Pour Ruth Dassonneville, cette participation politique accrue des minorités sexuelles s’explique par un désir d’être elles-mêmes entendues. «Les individus qui s’engagent davantage dans la politique ont tendance à être mieux représentés politiquement, énonce-t-elle. Et nous savons que les minorités sexuelles sont confrontées à de nombreux préjugés et discriminations. Comme elles ont plus d’enjeux à revendiquer, elles ressentent plus fortement le besoin de s’engager en politique pour faire valoir leurs droits.»
La chercheuse considère que ces résultats sont «plutôt rassurants pour la démocratie», puisque cet engagement marqué permet de protéger certains droits, dans un contexte canadien où les défendre dans la rue, par exemple, est possible et peut influencer les prises de décision.
«La situation serait probablement pire si cette population était politiquement désengagée et moins organisée», estime-t-elle.
La professeure ajoute toutefois que d’autres recherches seraient nécessaires pour cerner clairement les raisons de cette mobilisation des minorités sexuelles et vérifier si cette participation est réellement attribuable à des degrés de discrimination plus élevés.