Un concept profondément ancré dans la biologie
Le chronotype est l’expression individuelle de notre horloge biologique interne, indique Julie Carrier, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal et chercheuse au Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.
D’un côté, on qualifie d’«oiseaux du matin» les personnes actives dès l’aube, mais fatiguées en soirée et, de l’autre, d’«oiseaux de nuit» celles qui fonctionnent mieux lorsque tout le monde dort.
Les chronotypes ne relèvent pas seulement d’une préférence personnelle, ils seraient notamment influencés par la sécrétion de mélatonine – l’hormone qui facilite l’endormissement en signalant à l’organisme qu’il fait nuit – et la génétique. «Certains gènes associés au rythme circadien régissent l’heure à laquelle nous ressentons naturellement l’envie de nous coucher ou celle de nous lever. Cela explique pourquoi certaines familles comptent plus ou moins d’oiseaux du matin ou de nuit», signale la chercheuse.
Des études en neuro-imagerie ont aussi montré des différences de connectivité et de structure cérébrales entre les lève-tôt et les lève-tard. Cette tendance naturelle est en outre modulée par les habitudes (comme l’exposition aux écrans le soir), les signaux lumineux de l’environnement et l’âge.
«En général, les enfants et les gens âgés ont tendance à être plus matinaux, alors que les adolescents et les jeunes adultes sont plus nocturnes. Mais notre horloge de base reste la même: une personne qui est noctambule à 20 ans continuera de se coucher tard même à 70 ans, simplement un peu moins tard qu’avant», mentionne la professeure.