Dans une section plus sombre, Patrick Bérubé a inscrit sur sept toiles noires les noms scientifiques d’espèces disparues. Embossées ton sur ton, les inscriptions se devinent à peine. «C’est comme de petites pierres tombales déjà effacées, note la commissaire, car on oublie vite les espèces éteintes.»
Si la perte est omniprésente, l’exposition ne se veut pas pour autant désespérée. «L’écoanxiété n’est pas seulement une émotion négative, rappelle Bénédicte Ramade. Elle contient aussi le désir d’agir. Ici, il s’agit de se déposer avec ses émotions contrastées, de faire la paix avec ce qui est perdu et de se concentrer sur ce qu’on peut encore faire.»
Dans ce refuge souterrain, les œuvres n’apportent pas de solution miracle. Mais elles offrent la possibilité de transformer l’angoisse en fascination, la tristesse en beauté et la colère en énergie. «On n’est pas là pour dire que tout va s’arrêter demain, conclut la commissaire. On sait qu’une fin est certaine, mais d’ici là, on peut réfléchir ensemble à ce qu’il est possible de ralentir.»
Panic Room… Pièces de survie devient ainsi un espace paradoxal: à la fois abri protecteur et lieu d’ébranlement. Un endroit où l’art aide à apprivoiser la peur et à garder l’œil ouvert sur l’avenir.