Charles Richard-Hamelin, entre la scène et la salle de classe

En 5 secondes Sur les scènes du monde entier ou dans sa classe à l’Université de Montréal, Charles Richard-Hamelin joue la même partition: celle de l’excellence.
Charles Richard-Hamelin avec l’étudiante de doctorat Charissa Vandikas, qui a choisi l’UdeM notamment pour avoir la chance de suivre des cours avec le pianiste primé.

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UdeMmagazine Article 12 / 13

En 2015, lorsqu’il remporte la médaille d’argent au prestigieux Concours international de piano Frédéric-Chopin, qui a lieu seulement une fois tous les cinq ans, Charles Richard-Hamelin voit sa carrière prendre son envol. À seulement 26 ans, le jeune pianiste québécois se voit propulsé sur les scènes du monde entier, où il captive le public et les critiques par la virtuosité de ses interprétations. Dix ans plus tard, l’artiste conjugue son rôle d’interprète de renommée mondiale avec celui de pédagogue engagé: il est depuis cinq ans professeur invité à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

Une carrière internationale foisonnante

«C’est la passion de la musique qui m’anime», résume Charles Richard-Hamelin avec simplicité. Et cet amour l’a mené bien loin. On a ainsi pu l’entendre avec l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre philharmonique de Varsovie, le Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra ou encore l’Orchestre symphonique de Singapour, sous la direction de chefs tels que Kent Nagano, Rafael Payare ou Bernard Labadie.

Ses tournées l’ont conduit dans de multiples festivals de renom tels le Festival international de piano de La Roque d'Anthéron, le Festival du Printemps de Prague, le festival Chopin et son Europe à Varsovie, le Festival George Enescu de Bucarest, sans oublier le Festival de Lanaudière.

Parallèlement, il enregistre 13 albums, qui sont acclamés par la critique et maintes fois récompensés.

Le plaisir de transmettre

Charles Richard-Hamelin s’est rapidement découvert une autre vocation: celle de transmettre. Dès 2016, il est invité à donner des classes de maître. «C’était un peu intimidant au début. J’avais à peine 26 ans et parfois des élèves plus âgés jouaient pour moi. Mais j’ai appris à vraiment aimer communiquer mon amour de la musique de cette façon», mentionne-t-il. Si ces ateliers ponctuels lui ont ouvert les portes de l’enseignement, il souligne leurs limites : «On ne sait pas si l’élève applique ce qu’on lui dit après une seule rencontre.»

À l’université, c’est différent: on accompagne un étudiant ou une étudiante pendant des années, on voit son évolution, ce qui est extrêmement gratifiant.

Charles Richard-Hamelin

Un professeur passionné

Depuis 2020, Charles Richard-Hamelin enseigne à des étudiantes et étudiants des cycles supérieurs de l’Université de Montréal. Il partage l’enseignement avec d’autres professeurs, comme Jean Saulnier ou Jimmy Brière. Il peut ainsi poursuivre sa carrière de pianiste et donner des concerts à l’étranger, ce qu’il juge également profitable pour ses groupes: «Ce sont des étudiantes et étudiants déjà avancés, à la maîtrise ou au doctorat, qui peuvent profiter de points de vue différents sans se sentir perdus. Les plus jeunes ont besoin d’un suivi plus constant, mais à ce stade, la complémentarité est bénéfique», explique-t-il.


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Depuis ses débuts, son approche pédagogique a beaucoup évolué. «Mes premiers groupes étudiants étaient un peu des cobayes, dit-il en souriant. J’étais tellement enthousiaste que je leur lançais huit conseils à la fois! J’ai compris qu’il fallait y aller étape par étape, bâtir sur ce que l’apprenant propose déjà et l’amener à trouver sa propre voix. Le but, ce n’est pas de former des copies conformes, mais de permettre à chacun et chacune de s’exprimer pleinement.» La doctorante Charissa Vandikas, qui a fait partie en 2015 des «30 meilleurs musiciens classiques canadiens de moins de 30 ans» de la CBC, est venue étudier avec Charles Richard-Hamelin «parce que c’est Charles Richard- Hamelin! C’est l’un des pianistes les plus talentueux de sa génération», indique-t-elle. Elle ne cache pas son admiration.

Parfois, pendant ses cours, il lui suffit de jouer deux mesures pour nous montrer quelque chose et j’ai l’impression d’assister à un concert!

Charissa Vandikas, doctorante

Enseigner pour mieux jouer

Loin d’être une activité secondaire, l’enseignement nourrit le propre jeu pianistique de Charles Richard- Hamelin. «C’est un cliché, mais c’est vrai: en enseignant, on devient soi-même meilleur. Parce qu'on joue et qu’ensuite on se pose toutes les questions qu'on poserait à son étudiant ou étudiante: comment ça pourrait sonner mieux? Qu'est-ce qui ne marche pas? Et l’on cherche des solutions plutôt que de simplement rejouer en espérant que ça s’arrange, observe-t-il. Je reviens alors toujours aux conseils que je donne à mes groupes: travailler lentement, avec la partition, intelligemment, et prendre des pauses quand ça ne fonctionne pas.»

Pour le pianiste, l’enseignement offre aussi une respiration bienvenue. «C’est un équilibre essentiel. Jouer en concert, c’est intense et stressant. Enseigner comporte moins de pression. Mais les deux sont très complémentaires et apportent de magnifiques moments de partage de la musique», conclut-il.


Charles Richard-Hamelin, prophète dans son pays

  • Né en 1989 à Sainte-Agathe-des-Monts.
  • Nommé en 2017 compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec.
  • Devient le plus jeune lauréat de l’histoire des Prix du Québec en 2022, alors que le gouvernement lui décerne le prix Denise-Pelletier, la plus haute distinction accordée en arts d’interprétation.

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Tiré à 25 000 exemplaires, UdeMmagazine est publié à raison d’un numéro par année et s’adresse principalement à la grande famille diplômée et donatrice de l’Université de Montréal. L’impression du magazine respecte les normes d’écoresponsabilité forestière: le papier provient de forêts et d’autres sources contrôlées exploitées selon des principes de développement durable. 

Vous pouvez consulter la version numérique de l’imprimé en format PDF (78 Mo).

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