La géomatique peut sembler intimidante pour des étudiantes et étudiants dont la formation porte d’abord sur le paysage, le territoire et l’aménagement. Mélanie Desrochers en a fait un outil concret et accessible pour lire, comprendre et transformer les milieux de vie. Le Prix d'excellence en enseignement aux chargés et chargées de cours, chargés et chargées d'enseignement clinique, superviseurs et superviseures de stages et cliniciens-enseignants et cliniciennes-enseignantes vient récompenser son travail.
Géographe formée à l’Université de Montréal, elle donne depuis 16 ans presque tous les cours de géomatique en architecture de paysage, au baccalauréat comme à la maîtrise, dont Géomatique appliquée (APA 3310), Géomatique appliquée au projet de paysage (APA 6524), Géomatique appliquée à l’architecture de paysage (APA 6526), Atelier 3: grand paysage (APA 6510) et SIG 3 – Projet (GEO 3015).
Son approche repose sur une idée simple: pour intéresser les étudiants et les étudiantes à un logiciel ou à une méthode d’analyse spatiale, il faut d’abord leur montrer son utilité dans le monde réel. Chaque séance commence donc par un tour de l’actualité où des articles, des vidéos ou des exemples récents présentent des applications concrètes de la géomatique.
Cette entrée en matière relie les notions techniques à des enjeux en matière d’environnement, d’écologie, d’aménagement du territoire ou de visualisation des paysages. Elle inscrit aussi ses cours dans une réalité professionnelle où les données géographiques occupent une place croissante.
Les notions théoriques sont ensuite rapidement mises en pratique dans des laboratoires où ses groupes utilisent des logiciels spécialisés, comme ArcGIS Pro. Aux trois heures de cours s’ajoutent trois heures de laboratoire consacrées à des exercices inspirés de situations réelles.
Comme la courbe d’apprentissage de ces logiciels peut être exigeante, surtout en début de session, Mélanie Desrochers clarifie rapidement les attentes, détaille les consignes et conçoit des exercices qui peuvent être repris de façon autonome.
L’évaluation repose principalement sur des travaux pratiques individuels, ce qui lui permet de suivre la progression de chacun. L’examen final mesure moins la mémorisation que la compréhension de la démarche méthodologique. Les notes de cours y sont permises, mais pas l’accès à Internet.
Son enseignement se distingue entre autres grâce à son arrimage avec les ateliers de projet en architecture de paysage. Lorsque les cours de géomatique sont liés à un atelier, la chargée de cours adapte les travaux pratiques au territoire étudié, collabore avec les coenseignants et accompagne les équipes qui souhaitent approfondir leurs analyses. Elle participe également, lorsque c’est possible, aux visites de terrain afin de mieux saisir les caractéristiques du lieu.
Cette volonté de rapprocher la géomatique des besoins de la formation dépasse ses cours. Depuis quelques années, elle collabore avec l’association étudiante pour offrir, à l’heure du midi, une initiation au logiciel ArcGIS Pro aux étudiantes et étudiants de deuxième année. Ils peuvent ainsi découvrir le potentiel de la géomatique avant même de suivre officiellement le cours.
Sa contribution à la profession s’exprime aussi dans la gouvernance universitaire. Depuis 2020, Mélanie Desrochers siège au Comité des études en architecture de paysage, où elle participe aux réflexions sur les révisions de programme, la conciliation travail-études, la charge de travail et les préoccupations étudiantes.
Elle a de plus contribué à l’amélioration des ressources d’enseignement. Depuis 2013, elle défend l’ajout d’heures d’auxiliariat dans les cours de géomatique, un soutien qu’elle juge essentiel à la réussite. Plusieurs auxiliaires dont elle a guidé le parcours sont d’ailleurs devenus chargés de cours à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage.
En 2024, de pair avec Dominique Goyer, chargé de cours en urbanisme qu’elle a mentoré, elle a déposé un projet CLIP intitulé Catalogue numérique en géomatique appliquée. Celui-ci propose des capsules vidéos sur les outils les plus utilisés en géomatique, accompagnées de données, de didacticiels et de démonstrations. Devant l’intérêt suscité, une nouvelle demande a été déposée pour enrichir le catalogue en 2026.
Les évaluations étudiantes témoignent de l’efficacité de cette pédagogie. Au cours des trois dernières années, ses appréciations générales ont atteint 3,8, 3,8 et 3,9 sur 4 pour le cours APA 3310, ainsi que 3,8, 3,7 et 3,7 sur 4 pour le cours APA 6524. Les commentaires soulignent la disponibilité de la chargée de cours, sa capacité à vulgariser des notions complexes, son dynamisme et les liens qu’elle établit entre théorie, logiciels et projets.
Après chaque session, elle ajoute à l’évaluation officielle un questionnaire sur StudiUM afin de recueillir des commentaires plus détaillés. Cette écoute l’amène à adapter ses contenus, ses consignes et ses méthodes d’enseignement.
Pour Mélanie Desrochers, la pédagogie ne se limite pas à la classe. Professionnelle de recherche au Centre d’étude de la forêt depuis 2006, elle accompagne également des étudiantes et étudiants des cycles supérieurs. Ancienne athlète des Carabins, elle a été entraîneuse adjointe en volleyball masculin à l'UdeM de 2012 à 2024 et est entraîneuse-chef au Collège Jean-de-Brébeuf depuis 2010.
Dans ses cours comme dans ses autres engagements, elle poursuit le même objectif: créer un climat d’apprentissage bienveillant, rigoureux et stimulant afin d’aider les étudiants et les étudiantes à devenir plus autonomes et plus à l’aise avec les outils géographiques qui façonnent l’analyse des territoires contemporains.