Brigitte Coutu: Ricardo, c’est aussi elle

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Le recteur Daniel Jutras s’entretient avec la diplômée en nutrition Brigitte Coutu, présidente et chef de la direction de Ricardo Média.

Peu de gens au Québec ont autant d’influence sur nos choix alimentaires que Brigitte Coutu et son conjoint, Ricardo Larrivée. Au début de la pandémie, le célèbre chef montre comment faire du pain dans une vidéo sur Facebook. «Les jours suivants, il y avait pénurie de levure dans les épiceries», raconte celle qui tient les rênes de Ricardo Média, entreprise que le couple a fondée il y a près de 20 ans. Le recteur Daniel Jutras s’est entretenu sur Zoom avec cette diplômée en nutrition de la promotion 1992.

Comment se passe la pandémie chez Ricardo Média?

Au premier confinement, c’était très difficile, nous étions plongés dans l’inconnu. Nous avons dû fermer nos restaurants et boutiques et faire des mises à pied. Avec le recul, je crois que la pandémie aura eu tout de même un effet positif sur l’entreprise. Ricardo a été très généreux sur les réseaux sociaux et le public était au rendez-vous. Nous avons aussi revu toute l’organisation du travail et fait entrer de nouveaux outils technologiques – des avancées que nous n’imaginions jamais pouvoir réaliser en seulement quelques mois.

J’ai récemment lu que les Québécois cuisinaient plus que jamais, mais je vois aussi beaucoup de gens acheter des plats préparés ou se faire livrer des boîtes-repas. Quelle évaluation faites-vous de nos habitudes alimentaires en ces temps inédits?

Notre site de recettes est fréquenté par 5,2 millions de visiteurs, alors nous pouvons voir en direct ce que les gens veulent manger. Pendant le premier confinement, nous avons vu que les gens voulaient entreprendre des projets culinaires, comme faire du pain ou des baguels. Les enfants étaient à la maison, on avait plus de temps pour cuisiner et on voulait des projets pour les occuper. Au deuxième confinement, c’est autre chose. On est en télétravail, on cherche plutôt des idées pour se nourrir au quotidien.

Le succès de Ricardo Média est indéniable. Comment vos études de nutrition vous ont-elles permis de bâtir cette entreprise?

Il nous aura fallu de la rigueur, qui m’a été transmise par mes professeurs. Bien sûr, Ricardo a beaucoup de charisme, les gens aiment son authenticité. Mais le contenu est tout aussi important. Lorsqu’on fait une recette Ricardo, ça fonctionne. En arrière de ça, il y a toute une structure qu’on a mise en place. Le choix des ingrédients, la conception et la rédaction des recettes: tout cela est fait avec une grande rigueur. Deux nutritionnistes ont été très influentes dans mon parcours professionnel: ma professeure de science des aliments Christina Blais, que j’ai embauchée comme chroniqueuse à l’émission de Ricardo, et Hélène Laurendeau, une nutritionniste très présente dans les médias avec qui j’ai fait mes stages. Hélène m’a fait voir le côté gourmand des aliments, elle m’a montré comment on pouvait passer des messages sur l’importance de manger sainement tout en parlant des plaisirs de la table.

De votre point de vue qui est assez unique, quelles tendances alimentaires voyez-vous se dessiner pour les prochains mois?

Je pense que l’autonomie sera à la mode. Les potagers vont reprendre cet été, les gens ont acquis une fierté de produire eux-mêmes leurs aliments. Ma famille aussi: depuis l’été dernier, nous sommes propriétaires de quatre poules! L’aspect local est aussi très populaire. Lorsqu’il manquait de levure partout, Ricardo avait déclaré à Tout le monde en parle qu’il lancerait la sienne. C’était complètement spontané! Eh bien, après un an de travail, nous venons de lancer une levure québécoise.

Ricardo n’avait prévenu personne de ce projet?

Non! C’est la beauté de travailler avec lui: il a toujours beaucoup d’idées! Mon rôle, et celui de mon équipe, est de choisir la meilleure sur les 10 qui lui viennent et de faire en sorte qu’elle se réalise.