Une expérience variée
Au Bénin, la prise en charge de la médecine et de la nutrition fonctionne d’une tout autre façon dans un tout autre environnement. Par exemple, les résidents ont été amenés à pratiquer la médecine avec des moyens limités auprès d’une clientèle extrêmement vulnérable, dont beaucoup d’enfants et de femmes enceintes souffrant de malnutrition. Les conseils des médecins béninois leur permettaient de poser de bons diagnostics, surtout dans les dispensaires de villages. À l’inverse, les soignants béninois faisaient appel aux stagiaires pour analyser certains cas.
Le village isolé de Gbaffo, situé au centre du pays, à plus de cinq heures de Cotonou, a particulièrement marqué Marie-Ève Boisvert. «Les consultations se déroulaient dehors, en plein soleil. Nous étions confrontés à beaucoup d’impuissance et à un manque de ressources. Nous devions nous baser sur les signes cliniques pour établir nos diagnostics. La médecine en milieu rural nous amène à nous dépasser et apporte de l’espoir dans un contexte d’extrême pauvreté. Cet apprentissage est une plus-value en médecine familiale», estime-t-elle.
Sur le plan de la nutrition – une discipline qui a fait son entrée récemment au Bénin dans les programmes d’études –, les stagiaires ont fait du dépistage dans les hôpitaux et les dispensaires afin d’évaluer l’état nutritionnel des patients. «À l’hôpital L’Abbraccio de Sokponta, l’équipe a intégré une nutritionniste il y a trois ans», précise Lauriane Chamberland, qui y a passé deux semaines avec ses collègues.