Une réalité vécue à l’UdeM
Ces préoccupations touchent particulièrement les jeunes générations, dont la communauté étudiante de l’Université de Montréal. Sébastien Côté, psychologue au Centre de santé et de consultation psychologique de l’UdeM, a d’ailleurs observé une augmentation des cas d’écoanxiété chez les personnes qui le consultent.
«Ce qui était exceptionnel il y a 15 ans devient commun aujourd’hui, raconte-t-il. Nous voyons maintenant de façon régulière des étudiants et étudiantes qui consultent expressément pour cette raison. Plus souvent encore, les bouleversements environnementaux et la crise climatique apparaissent quelque part dans la trame de leur détresse même s’il ne s’agit pas du motif principal de leur consultation. Les sentinelles nous rapportent aussi fréquemment l’intensité de leurs préoccupations en lien avec la crise environnementale.»
Julie Talbot, directrice du Département de géographie de l’Université, dresse le même constat: plus les années passent, plus la communauté étudiante semble souffrir d’écoanxiété, mais aussi éprouver de l’écocolère.
«Le terme écoanxiété semble pathologiser le problème et mettre le poids sur les épaules de la personne qui le vit, indique la professeure. Alors que, pour moi, être préoccupé par l’état de la planète est seulement une réponse normale et rationnelle à la situation actuelle. Les étudiantes et les étudiants qui viennent me voir partagent plus souvent de la colère devant l’inaction politique et celle des générations précédentes, l’ampleur des problèmes ou les iniquités dans la crise environnementale.»