De plus en plus de zoonoses
Les zoonoses, ces maladies infectieuses qui se transmettent de l’animal à l’humain, sont en émergence. On pense entre autres à la COVID-19, mais aussi à la grippe aviaire (H5N1) alors que le Canada a confirmé à la mi-novembre le premier cas chez un humain au pays, un adolescent de Colombie-Britannique.
«Plus de 75 % des maladies infectieuses en émergence chez l’humain sont des zoonoses», illustre Cécile Aenishaenslin, professeure à la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM.
Et l’humain n’est pas étranger à ces éclosions. «Les changements climatiques expliquent l’émergence de ces maladies, tout comme plusieurs facteurs anthropiques, telle la destruction des habitats naturels, qui dérègle l’équilibre des écosystèmes et peut faire en sorte que les contacts sont plus fréquents entre différentes espèces animales qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer et les humains», explique la chercheuse.
Elle mène actuellement un projet de recherche pour prévenir les maladies transmises par les tiques qui ont un réservoir animal. L’un des facteurs qui favorisent l’exposition humaine aux tiques est le contact avec la forêt.
«Mais en amont, pourquoi y a-t-il autant de tiques en forêt? C’est parce que les populations humaines ont d’abord déboisé la forêt, puis aménagé des champs ou construit des habitations. Cela a fragmenté les habitats naturels des populations d’animaux sauvages en des zones de plus en plus restreintes et contribué aux changements climatiques, qui favorisent la survie et l’abondance des tiques», fait observer Cécile Aenishaenslin.
Bien sûr, la solution n’est pas de dire aux gens d’arrêter de se promener en nature! Si les humains contractent des maladies en étant exposés à des tiques infectées, les parcs et les populations de cerfs ne sont pas exempts de problèmes.
«Il y a une perte de biodiversité dans les parcs parce qu’il y a trop de cerfs, ce qui amène plus de tiques, indique la chercheuse. Nous réfléchissons donc à des stratégies pour rééquilibrer de façon durable la santé des écosystèmes dans les parcs, ce qui améliorera aussi la santé des animaux et celle des humains.»