Des données sur 30 ans
Ces créations artistiques ont été rendues possibles grâce aux données de l’équipe du géomorphologue Daniel Fortier, professeur au Département de géographie de l’Université de Montréal. Pendant 30 ans, la température dans le pergélisol du Grand Nord du Québec a été prise à chaque heure afin d’étudier son dégel. Ensuite, une technique de la sonification a été utilisée, c’est-à-dire qu’on a exprimé ces données en sons.
«Le travail réalisé par Daniel Fortier a été crucial pour notre projet, puisqu’il faut avoir des données sur 30 ans avant de pouvoir dire qu’il y a un réchauffement climatique», explique le Dr Beauchet.
On apprend d’ailleurs dans le documentaire réalisé par La Boîte Rouge Vif que le réchauffement est quatre fois plus rapide et intense dans cette région que dans le sud du Québec.
«Il se passe quelque chose au Nunavik, témoigne le chercheur. Les Premiers Peuples en particulier sont témoins de ce changement. Et puisqu’ils vivent en symbiose avec la nature, ils en subissent aussi les conséquences. Ils ont d’ailleurs adopté des stratégies d’écorésilience beaucoup plus audacieuses que les nôtres et c’est important de les écouter.»
Le médecin mentionne aussi l’ampleur de l’écoanxiété vécue par les jeunes. «Au Canada, environ 70 % des jeunes en souffrent, alors que c’est environ 40 % en Europe, dit-il. Cela s’explique peut-être par le fait que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Il faut s’en préoccuper.»