Une évolution historique favorable aux candidates
Dans une première étude publiée en 2019 dans la Revue canadienne de science politique, Semra Sevi, Vincent Arel-Bundock et André Blais ont analysé plus de 21 000 candidatures sur 29 élections générales depuis 1921 et constaté que, si les femmes obtenaient en moyenne moins de votes que les hommes, cet écart s'explique principalement par des facteurs contextuels.
«Les femmes se présentaient pour des partis plus faibles au départ, ce qui explique qu’elles n'étaient pas souvent élues, résume André Blais en évoquant les travaux de sa doctorante devenue professeure à l'Université de Toronto. Si l'on tient compte de ces variables, comme l'affiliation partisane et la compétitivité des circonscriptions, l'écart entre hommes et femmes se réduit considérablement.»
En fait, l'évolution historique montre une nette progression de l’avancée politique féminine: dans les années 1920, les candidates recevaient en moyenne 2,5 points de pourcentage de moins en termes de votes que leurs homologues masculins. Aujourd'hui, cette différence est quasi inexistante, l’écart se situant autour de 0,5 point de pourcentage, une différence statistiquement non significative.
Pour André Blais, ces résultats sont sans équivoque: «Il n'y a pas de biais contre les femmes quant à la probabilité de succès aux élections au Canada, hormis peut-être pour le poste de premier ministre», précise-t-il.