C’est grâce à un don de la Fondation Chopin-Péladeau et de Québecor que le programme Millénium Québecor a été lancé en 2022, un incubateur d’entreprises hébergé à l’Université de Montréal. «L’UdeM est la première université de recherche au Québec et la deuxième au Canada, mais nous avions un peu de rattrapage à faire pour amener nos recherches sur le marché», constate Marie-Claude Lemire, directrice du programme.
Depuis sa création, ce sont 146 projets qui ont été soutenus par son équipe, qui compte maintenant 15 employés.
Un exemple de réussite
Deuxième prix du concours L’Impact Millénium Québecor dans la catégorie Impact, grand prix de 100 000 $ au Startupfest… Depuis son incorporation en 2023 après un passage par le programme Millénium Québecor, la petite entreprise mTatt continue de se démarquer. Fondée par Samuel Babity alors qu’il terminait son doctorat en pharmacie à l’UdeM, mTatt a mis au point des microtatouages faits à l’aide de minuscules aiguilles indolores. L’encre injectée réagit avec des composants du liquide interstitiel, présent dans la peau, et émet une lumière fluorescente, captée par un lecteur ou une montre intelligente. Cela permet de suivre les taux de cholestérol ou de glycémie par exemple.
Après un baccalauréat en chimie à l’Université Concordia, Samuel Babity se joint au laboratoire du professeur de la Faculté de pharmacie de l'UdeM Davide Brambilla, qui travaille alors sur la livraison de médicaments par microaiguilles. Durant sa maîtrise et son doctorat, l’étudiant s’intéresse à l’utilisation de ces mêmes microaiguilles à des fins diagnostiques. «J’avais de bons résultats et j’entrevoyais des applications cliniques ou commerciales. Je commençais à penser à lancer une entreprise, mais je ne savais pas du tout comment faire», relate-t-il. De passage au même laboratoire à la faveur d'un stage au baccalauréat en sciences biopharmaceutiques, Catherine Nadeau s’est engagée dans l’aventure, devenant directrice des opérations de mTatt.
Le parcours Innovinc.RBC de Millénium Québecor qu'ils suivront leur permettra de se familiariser avec les rouages de l’entrepreneuriat et le prix remporté de mettre sur pied un site Web et de s’incorporer. «C’est grâce à ça que j’ai eu la piqûre de l’entrepreneuriat», ajoute Samuel Babity.
Aujourd’hui, le jeune homme se consacre à temps plein à mTatt et continue de peaufiner sa technologie au même laboratoire de Davide Brambilla grâce à une bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec. «C’est incroyable le progrès qu’il a fait», déclare Marie-Claude Lemire. Elle s’est envolée peu après notre entretien avec Samuel Babity pour Tunis afin de participer au Symposium tuniso-québécois sur l’entrepreneuriat scientifique et de faire connaître leur expertise.