Elle a grandi dans une petite ville en Suisse où, dit-elle avec un sourire, «l'EDI n'était pas très EDI» – c’est-à-dire l'équité, diversité et inclusion. C'est sans doute le besoin d'horizons plus larges et l'envie d'en faire quelque chose qui l’a poussée à quitter cette ville à l'adolescence. Après un détour par le théâtre et l'acquisition d'une formation d'agente de bureau, elle a trouvé sa voie en psychologie.
Depuis le 1er août dernier, Coralie Mercerat est professeure au Département de psychologie de l'Université de Montréal, titulaire d'un poste consacré à la psychologie de la santé et à l'EDI: loin d’être un titre honorifique, c'est le fil conducteur de ses 20 ans de pratique.
De Lausanne à Montréal par la voie de traverse
Le père de Coralie Mercerat était psychiatre, ce qui «aide à comprendre certaines choses», selon ses dires – dont l'attirance pour la psychologie, le goût du travail avec les humains –, mais pas tout: ce qui l'a menée vers une pratique communautaire et engagée tient plutôt à ce qu'elle a ressenti, très tôt, vis-à-vis des limites du «modèle classique».
«La psychologie traditionnelle repose beaucoup sur la psychopathologie et c’est réducteur, déplore-t-elle. Par exemple, une personne issue à la fois de l'immigration et de la diversité sexuelle ne se laisse pas appréhender par un seul prisme, mais c'est précisément ce que la clinique classique tend parfois à faire: réduire une trajectoire complexe à un diagnostic.»
À l'Université de Lausanne, Coralie Mercerat éprouve le même inconfort que lorsqu’elle était jeune: trop à l'étroit.
Une année d'échange à l'UdeM, en 2010-2011, change la donne. Elle rentre terminer sa maîtrise en Suisse, revient à Montréal pour son doctorat en psychologie communautaire – une approche à mi-chemin entre la recherche participative et l'action sociale – et n'en repart plus.