Le projet s’est amorcé au printemps par une revue de la littérature qui a servi à désigner les concepts à aborder et les situations de tous les jours qui rendent difficile la vie sociale en banlieue. «Ce n’est pas toujours à la Ville de créer des activités, mais elle doit en faciliter l’accès et favoriser la participation à la vie de quartier», dit Sébastien Lord.
Si l’isolement est une question plus individuelle, les villes ont une grande part de responsabilité en matière d’exclusion et de barrières qui peuvent l’entretenir. «Ce sont des facteurs qui s’additionnent, par exemple le fait d’être loin des services, de ne pas avoir accès à du transport en commun, le fait que ce dernier ne soit pas adapté aux personnes âgées, etc.», ajoute-t-il.
Pour dresser un portrait précis du territoire, l’équipe de recherche (qui comprend quatre étudiants) le cartographiera en désignant divers commerces ou lieux importants. «Nous avons défini quatre activités qui étaient des leviers d’inclusion: s’alimenter, socialiser et se divertir, trouver du soutien et rester en santé», mentionne le chercheur.
À l’aide des données de la Ville de Laval, de bases de données géolocalisées et de l’intelligence artificielle, des milliers d’endroits associés à ces activités (cafés, épiceries, lieux de culte, etc.) ont été répertoriés pour mieux connaître les ressources sur le territoire. Les étudiants ont jusqu’à maintenant recensé de 7000 à 8000 lieux. «Ça permet d’avoir un portrait à jour et, surtout, contextualisé, ce qui est important parce que les facettes de l’exclusion ne sont pas les mêmes selon les caractéristiques locales du territoire», souligne-t-il.
Ateliers consultatifs
Une fois que les situations de vie qui s’appliquaient à Laval seront cernées, l’équipe de recherche organisera des ateliers avec le milieu pour lister les différentes initiatives déjà en place sur le territoire. «Les personnes isolées ou exclues sont, par définition, difficiles à joindre; c’est pour cela que nous passerons par les intervenants qui côtoient ces gens âgés», observe Sébastien Lord.
En connaissant les ressources et leur emplacement ainsi que les initiatives existantes, l’équipe pourra ensuite établir des diagnostics pour chacune des zones et selon plusieurs thèmes, mais surtout formuler des recommandations pour le comité consultatif des personnes aînées, qui relève du comité exécutif de la Ville de Laval. «C’est un bel exemple du type de recherche qu’on fait en aménagement, où les applications et décisions relatives aux territoires sont alimentées par la recherche. C’est un beau dialogue», conclut-il.