Briser l’isolement des personnes âgées

En 5 secondes Une étude réalisée en collaboration avec la Ville de Laval se penche sur l’isolement des personnes âgées et les actions que la Ville peut entreprendre pour le contrer.
La ville de Laval

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Pas de vacances pour la science! Article 45 / 45

L’inclusion est à la base de la discipline de l’urbanisme. La ville doit en effet être accessible et sécuritaire pour tous, jeunes et moins jeunes, hommes comme femmes, avec ou sans incapacité. «L’urbanisme, c’est aménager la ville et ses lieux publics de façon que tout le monde ait accès aux ressources», souligne Sébastien Lord, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.

Le professeur, qui s’intéresse depuis de nombreuses années au vieillissement en banlieue, a été sollicité par la Ville de Laval pour se pencher sur l’isolement des personnes âgées sur son territoire. «Ce n’est pas un hasard si la banlieue est l'un de mes objets d’étude parce que plusieurs installations sont accessibles uniquement par voiture», constate-t-il. 

L’équipe de recherche explorera donc les leviers, du point de vue de la municipalité, pour lutter contre l’exclusion et briser l’isolement de ses citoyennes et citoyens plus âgés. «Nous travaillons en étroite collaboration avec le comité consultatif des personnes aînées de Laval. Ensemble, nous discutons et réfléchissons avant d’entreprendre les différentes étapes de notre étude», remarque le chercheur.

Cartographier la banlieue

Le projet s’est amorcé au printemps par une revue de la littérature qui a servi à désigner les concepts à aborder et les situations de tous les jours qui rendent difficile la vie sociale en banlieue. «Ce n’est pas toujours à la Ville de créer des activités, mais elle doit en faciliter l’accès et favoriser la participation à la vie de quartier», dit Sébastien Lord.

Si l’isolement est une question plus individuelle, les villes ont une grande part de responsabilité en matière d’exclusion et de barrières qui peuvent l’entretenir. «Ce sont des facteurs qui s’additionnent, par exemple le fait d’être loin des services, de ne pas avoir accès à du transport en commun, le fait que ce dernier ne soit pas adapté aux personnes âgées, etc.», ajoute-t-il. 

Pour dresser un portrait précis du territoire, l’équipe de recherche (qui comprend quatre étudiants) le cartographiera en désignant divers commerces ou lieux importants. «Nous avons défini quatre activités qui étaient des leviers d’inclusion: s’alimenter, socialiser et se divertir, trouver du soutien et rester en santé», mentionne le chercheur. 

À l’aide des données de la Ville de Laval, de bases de données géolocalisées et de l’intelligence artificielle, des milliers d’endroits associés à ces activités (cafés, épiceries, lieux de culte, etc.) ont été répertoriés pour mieux connaître les ressources sur le territoire. Les étudiants ont jusqu’à maintenant recensé de 7000 à 8000 lieux. «Ça permet d’avoir un portrait à jour et, surtout, contextualisé, ce qui est important parce que les facettes de l’exclusion ne sont pas les mêmes selon les caractéristiques locales du territoire», souligne-t-il. 

Ateliers consultatifs

Une fois que les situations de vie qui s’appliquaient à Laval seront cernées, l’équipe de recherche organisera des ateliers avec le milieu pour lister les différentes initiatives déjà en place sur le territoire. «Les personnes isolées ou exclues sont, par définition, difficiles à joindre; c’est pour cela que nous passerons par les intervenants qui côtoient ces gens âgés», observe Sébastien Lord. 

En connaissant les ressources et leur emplacement ainsi que les initiatives existantes, l’équipe pourra ensuite établir des diagnostics pour chacune des zones et selon plusieurs thèmes, mais surtout formuler des recommandations pour le comité consultatif des personnes aînées, qui relève du comité exécutif de la Ville de Laval. «C’est un bel exemple du type de recherche qu’on fait en aménagement, où les applications et décisions relatives aux territoires sont alimentées par la recherche. C’est un beau dialogue», conclut-il.

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