Le sucre est un produit de base qui s’échange sur le marché mondial au même titre que le pétrole, le blé, le café ou le coton. Il provient principalement de la culture de la canne à sucre, une industrie qui a des répercussions sociales et environnementales significatives. Si elles varient en fonction des pratiques agricoles et des politiques locales, le tableau semble sombre au Nord comme au Sud.
D’abord, le Fonds mondial pour la nature nous apprend que la culture de la canne à sucre est l’une de celles qui demandent le plus d’eau, qu’elle mène à une érosion massive des sols et à une contamination des eaux, en plus de contribuer à la déforestation et à la pollution atmosphérique (les résidus de la plante sont brûlés).
Ensuite, l’industrie sucrière est historiquement liée à l’esclavage. Encore aujourd’hui, les conditions sanitaires et économiques de cette culture sont douteuses.
Le professeur Malek Batal a récemment été témoin des conséquences de la production de sucre au cours d’une visite à Champerico, une région productrice de canne à sucre au Guatemala.
«J’ai constaté un droit à la terre non respecté, une contamination élevée de l’eau et une forte présence de maladies de la peau en raison des pesticides, de hauts taux de diabète, un air pollué, une pauvreté très visible, raconte le professeur. Sans parler des enlèvements et des assassinats ciblant les personnes qui s’insurgent contre les grandes compagnies qui contrôlent cette production.»
Face à une telle réalité, Malek Batal invite à consommer davantage de sucre certifié par Fairtrade Canada pour soutenir les communautés et la production durable.