Une alimentation traditionnelle compromise
En Colombie-Britannique, les régimes alimentaires traditionnels des Premières Nations côtières comprennent une grande diversité de produits issus de la mer tels que les poissons, les crustacés, les algues et les mammifères marins. Ces aliments constituent des sources importantes de protéines, de micronutriments et d’acides gras oméga-3 polyinsaturés, en plus d’être faibles en gras.
Or, en raison de la crise climatique, ces ressources ont tendance à se raréfier. La moitié des personnes interrogées considèrent d’ailleurs que leur quantité est déjà insuffisante. Par exemple, les différentes variétés de saumons font partie des espèces les plus sensibles aux changements climatiques, alors qu’elles sont la source principale d’acides gras des Premières Nations.
«D’un point de vue épidémiologique, nous savons que les oméga-3 sont associés à une diminution des maladies cardiaques, indique Malek Batal. Mais les sources de ces “bons gras” s’amenuisent d’année en année et les autres options sont souvent de piètre qualité nutritive, notamment des aliments hautement transformés.»
À ce manque de solutions de remplacement s’ajoutent la grande précarité des Premières Nations, touchées par une insécurité alimentaire grave (qui concernerait 65 % des individus), la sédentarité, la discrimination. «Autant de facteurs qui contribuent à accroître les risques de maladies cardiovasculaires», souligne le chercheur spécialisé en déterminants environnementaux, sociaux, économiques et culturels des choix alimentaires.