Tout à faire
Yvette Mollen s’est donc attelée à concevoir sa méthode et ses outils d’enseignement. Heureusement, plusieurs ouvrages de référence existent. «Le Centre de langues a d’ailleurs choisi l’innu-aimun parce que c’est une des langues autochtones les plus documentées. Et moi, j’ai participé à ça», évoque-t-elle. En effet, que ce soit à l’Institut Tshakapesh ou à travers sa participation à des projets de recherche avec des linguistes de diverses universités (Marguerite MacKenzie, Anne-Marie Baraby, Lynn Drapeau, Marie-Odile Junker), Yvette Mollen a pris part (et continue de le faire) au travail sur le dictionnaire innu-français, comme sur la standardisation de la langue innue.
Malgré tout, «tout était à inventer!» se rappelle-t-elle. Au cœur de ses cours, la compréhension de la structure de la langue. «Je peux bien faire répéter les étudiantes et étudiants comme des perroquets, mais moi, quand j’apprends une autre langue, je veux comprendre sa structure», souligne-t-elle. Durant les cours, les groupes apprennent le vocabulaire, l’orthographe, la phonologie et la structure de l’innu-aimun.
Pour faciliter l’apprentissage, elle a l’idée de concevoir de courtes conversations, écrites, qu’elle enregistre également avec des locuteurs natifs, pour bien faire entendre la prononciation. «Un mot isolé veut dire quelque chose, mais le sens change lorsqu’il est combiné avec un autre mot», explique Yvette Mollen.
Et cela fonctionne: «Je trouve ça intéressant quand les étudiants et étudiantes remarquent mes erreurs lorsque j’écris au tableau. Ils comprennent que l’orthographe est importante», estime-t-elle.